29/01/2018
Pourquoi
les Français sont-ils si réceptifs au bashing en général, et donc
au Macron bashing en particulier ?
Je viens de terminer la lecture de
l’excellent livre de Daniel COHEN, « Le monde est clos et le
désir infini », Albin Michel.
Dans un style clair et agréable à
lire, il y dresse un portrait sans complaisance de la société
postindustrielle dans laquelle nous vivons, en rappelant d’une
façon assez claire comment la société humaine en est arrivée à
ce point.
Je n’ai pas l’intention de
résumer l’intégralité de ce livre que chacun peut lire.
Ce qui m’a frappé et que je
souhaite exposer ici, c’est un chapitre intitulé « comment
peut-on être Danois » qui à mon sens, décrit assez bien la
mentalité française.
Je trouve qu'il explique à la fois
pourquoi la presse française, les politiciens·ne·s français-ses
se complaisent dans le bashing des hommes politiques en place et
pourquoi les Français sont réceptifs à ce bashing pour se mettre
facilement à hurler avec les chacals. Je trouve aussi qu'en dressant
un état de la psychologie de masse française, il indique en creux
comment améliorer la situation : en apprenant à la jeunesse la
confiance en elle d'abord, et en autrui aussi. En faisant comprendre
aux jeunes, dès l’enfance, que seul le travail d'équipe permettra
de déplacer les montagnes qui se dressent devant la société
française. ( mondiale?) Que tirer à hue et à dia dans le sens de nos intérêts
particuliers annule tous les efforts, voire paralyse l'action.
Qu’écouter sans arrêt les
IZNOGOUD amers qui auraient voulu ou voudraient « être calife
à la place du calife » ne conduit nulle part. Critiquer tout
pour faire le malin qui détient la vérité, c'est le contraire de
l'attitude empathique qu'il faut avoir pour travailler en équipe,
avoir une vision lucide et réaliste de la situation et s’atteler
ensemble à la faire évoluer dans le bon sens.
Bonne lecture aux courageux, et merci d’avance aux commentateurs d’être polis, constructifs et de m’excuser de ne détenir qu’une vérité non universellement reconnue, donc discutable.
Bonne lecture aux courageux, et merci d’avance aux commentateurs d’être polis, constructifs et de m’excuser de ne détenir qu’une vérité non universellement reconnue, donc discutable.
Extraits résumés :
Selon les enquêtes internationales,
le Danemark est l’un des pays les plus heureux du monde.
Interrogés sur leur bien-être, à
noter sur une échelle de 1 à 10, ils répondent 8.
Cinq pays suivent : Finlande,
Norvège, Pays bas, Canada et Costa Rica (!)
Les six plus malheureux : Togo,
Bénin, République centrafricaine, Sierra Léone, Burundi, Comores.
Le revenu des plus heureux est
quarante fois plus élevé que celui des plus malheureux.
Vingt-huit ans d’espérance de vie
de plus….
Deux fois plus d'amis,
Sentiment de liberté plus élevé :
94 % contre 63 %
Moins enclins à douter de
l'honnêteté de gouvernement : 33% contre 85%.
La France est 23 -ème entre
l'Espagne et le Mexique, au classement du bonheur ressenti.
Elle est mieux placée que l'Italie,
l'Allemagne et le Japon qui est le moins bien noté des pays riches,
43 -ème place.
La chine, malgré une croissance
économique exceptionnelle est dans le dernier tiers, entre
Mozambique et Malawi.
Pourquoi le Danemark vient-il en
tête ?
C'est l'exemple typique d'une
société où les gens font confiance à eux-mêmes et aux autres.
Trois quarts des Danois pensent que
l'on peut faire confiance aux autres, amis, collègues et même aux
inconnus dans la rue.
Il est sans risque de se promener
dans les rues et sans risque de compter sur la bienveillance
d'autrui.
Le Reader's Digest a fait déposer
dans un certain nombre de villes des portefeuilles supposément
égarés par leurs propriétaires, avec leur adresse dedans : en
Norvège et au Danemark, les portefeuilles ont tous été retournés
à leurs propriétaires avec l'argent intact. Ailleurs, le chiffre
est presque toujours inférieur à 50%.
Le Danemark est le pays le moins
corrompu d'Europe. Qui a vu la Série BORGEN en comprend les raisons
: la série montre la vie sobre d'une femme premier ministre, qui
doit interrompre une réunion de cabinet pour aller chercher son fils
à l'école, qui n'ignore rien du jeu politique et de son lot
d'astuce, de tromperie mais qui se tient sur le fil d'un exercice
raisonnable du pouvoir, sans naïveté et (presque) sans cynisme.
Au Danemark, les associations
fleurissent et le volontariat est élevé.
En Europe, en moyenne, 60% des
personnes interrogées rencontrent en dehors de leur travail des
amis, des membres de leur famille ou des collègues, au moins une
fois par semaine. Au Danemark, la moyenne correspondante est de 80%.
Le travail caritatif serait
l'équivalent de 10 % du PIB s'il était évalué au
coût_de_renoncement
Le travail au Danemark est également
une source de satisfaction et le pays vient en tête du classement
Job
Quality in Europe. Les Danois sont heureux au travail
parce que la confiance aide à une délégation heureuse des tâches.
La flexisécurité danoise permet,
de surcroît, de protéger le travailleur contre le risque de chômage
grâce à une politique articulée sur 3 dimensions : faible
protection de l'emploi, indemnisation du chômage très généreuse
(jusqu'à 4 ans) et une politique active de réinsertion.
Les Danois sont syndicalisés à
88%, ce qui les garantit contre les facilités que la flexibilité
pourrait accorder aux employeurs.
LA FRANCE FACE AU MIROIR DANOIS
A la question "est-il possible
de faire confiance aux autres ? », 80% des Français estiment
« qu'on n'est jamais assez méfiant » selon le
World_Values_Survey.
Le livre « La
société de défiance. Comment le modèle social français
s'autodétruit » a brillamment ouvert
ce débat.
1
nov. 2007 - La thèse est simple : (la
société française est
rongée par le corporatisme et l'étatisme. Le premier engendre des
inégalités et des rentes de …)
Les
enquêtes utilisées par les auteurs montrent une forte corrélation
entre niveau d'anxiété ressentie et absence de confiance en autrui.
Les
Français forment l'un des peuples les plus pessimistes en matière
de coopération sociale. Les deux tiers des français estiment que
"chacun doit s'occuper de ses affaires sans trop s'intéresser à
ce que font ou disent les autres".
La
France se situe, en matière de confiance à autrui, tout en bas de
l'échelle, à égalité avec les pays de l'ex Europe de l'Est !
Les
Français ont également une faible confiance en leurs institutions.
Ils se méfient à la fois du marché et des syndicats, demandant une
intervention de l'état qui les maintient dans la double méfiance
initiale.
Pour
autant, cela ne signifie pas qu'ils fassent confiance à l'autorité
publique : "la centralisation hiérarchique des décisions par
l'état vide le dialogue social de tout contenu". Les Danois qui
accordent une plus grande confiance à leurs institutions peuvent
aller beaucoup plus loin dans l'usage de celles-ci.
Partout
dans le monde, un revenu élevé par rapport au reste de la
population rend les gens plus heureux (se comparer favorablement aux
autres est une source de satisfaction).Cela est toutefois moins vrai
en France qu'ailleurs : les individus exerçant les professions les
plus élevées (cadres dirigeants, cadres supérieurs) se déclarent
moins heureux en France que leurs homologues dans d'autres pays.
Le
faible degré de réciprocité des employés à l'égard de leurs
entreprises est un autre symptôme du malaise au travail : Selon
analyse proposée par Andrew Clark, seuls 25% des français sont
d'accord ou tout à fait d'accord pour travailler davantage afin
d'aider leur entreprise. C'est le plus mauvais score pour un pays
avancé. Mieux classé : Etats unis : 79%. Danemark : 66%.
Pourquoi
les Français sont-ils ainsi ?
La
France hérite d'une structure étatique forte dont un des effets est
de décourager les interactions horizontales.
Philippe
d'Iribarne a
analysé les causes de la psychologie française.
Algan
et Cahuc proposent aussi des explications : : "syndrome de
Vichy" Collaboration, puis après la guerre, gaullisme
expliquant que la France avait gagné la guerre, éveillant une
culture du déni, tropisme analysé par Iribarne. Fin des
colonisations indochinoises et algériennes, sur lesquelles comptait
la France pour retrouver sa grandeur passée. Mai 68, moment
paradoxal : la jeunesse française déboulonne la statue du
commandeur, mais la crise des années 70 change la donne.
Fin
du résumé
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