Qu'il soit, majoritaire, proportionnel, aléatoire,... le mode
de choix des représentants du peuple ne garantit pas l'éthique des élus.
Même un examen de philo (j'imagine la salle d'exam avec tous les
candidats en train de plancher sur une question de philosophie éthique, avec MLP en train d'essayer de pomper sur JLM)
ne garantirait pas de choisir les plus éthiques: on peut connaître les
philosophies morales, et s'en affranchir à titre personnel.
Donc,
le tri en fonction de la qualité de l'éthique des candidats ne peut se
faire qu'à posteriori, à condition d'avoir une presse libre, une justice
indépendante et un exécutif (dont dépendent la police, dont la
DST) ferme sur les questions d'éthique. La justice en France peut (et doit?) se
saisir d'une affaire soulevée par la presse. C'est une garantie. Elle
peut (et doit?) ensuite charger les différentes polices d'enquêter sur telle ou
telle affaire. La police doit faire diligence, honnêtement. Quand
la justice, conclut après enquête, qu'un homme de pouvoir (élu, membre
du gouvernement, haut fonctionnaire, voire petit fonctionnaire) a commis un délit en rapport avec ses fonctions, ce délinquant doit être écarté définitivement des fonctions publiques !!
Le
fait qu'il s'agisse d'un ami personnel du président, de sa famille,
d'un fils de député ne doit jamais conduire à une indulgence politique.
L'éthique est une valeur supérieure à la fidélité en amitié en politique. ( vrai ou faux selon vous? Vous avez deux heures).
Pas de "il s'est fait prendre la main dans le pot confiture au
ministère, donc je le recase à la présidence de l'assemblée, ou à celle d'un organisme public quelconque ou d'une commission Théodule
grassement rémunérée..." Rien, Nada. Quasiment le bannissement des tribus
primitives pour celui qui avait enfreint la règle du clan.
Quant
à la peine infligée par la justice, elle doit être choisie en
considérant l'exercice de fonctions publiques comme une circonstance
hautement aggravante. De façon à ne jamais arriver à des peines de
prison inférieures à deux ans, qui permettent un aménagement de peine,
jugé (avec raison, ce me semble) trop doux aux yeux du peuple pour ces
délinquants là.
L'éthique des dirigeants est donc une conséquence de l'intransigeance totale des différentes instances chargées de veiller au respect des lois.
Et
le respect du peuple, pour ses dirigeants choisis suivra. La suspicion
perpétuelle actuelle, l'idée du "tous pourris" si communément répandue,
et entretenue par ceux qui se présentent comme des parangons de vertu
(parfois démasqués par la presse) tant qu'ils n'ont pas eu le pouvoir, est la première chose à éliminer
pour restaurer une démocratie viable. Le système électoral joue un rôle
dans la démocratie, mais à mon sens, c'est à la marge. C'est l'idée que
nos dirigeants sont vertueux en plus d'être compétents qui peut amener le peuple à mieux les suivre.
En
outre, en ce qui concerne la vertu, je ne pense pas que les électeurs
en soient mieux pourvus en général que les élus: les grosses fraudes des
uns, exonèrent de toute culpabilité morale les petits fraudeurs, complètement décomplexés: "Quoi,
vous dira-t-on, je devrais payer avec facture le maçon qui vient me
faire un petit travail, alors que ça me coûte 20% moins cher au black?
Et les députés, combien ils gagnent ces feignants? On ferait mieux de
s'occuper de la fraude fiscale des riches?". Remarque pleine de ce "bon sens " dont on nous rebat les oreilles pour expliquer qu'il suffit de "bon sens" pour régler tous les problèmes.
L'éducation morale se fait par l'exemple, non?
Au
passage, petit calcul: 30 millions de ménages en France, grosso modo.
Mettons 200 euros par an en moyenne de "petits services entre amis" (
ménage, jardinage, maçonnerie, plomberie, peinture,entretien automobile,...)= 6 milliards par an qui échappent à la TVA parfois,
à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales toujours. Cette fraude
des ménages, estimée à la louche, est sans commune mesure avec
l'estimation de la fraude fiscale totale en France (60 à 80 milliards
selon les sources), mais la perte de recettes fiscales et sociales pour
l'état n'est pas pour autant un chiffre négligeable.
En
se plaçant sur un plan moral, je me demande d'ailleurs quelle part
l'envie joue dans la promptitude des petits fraudeurs à vilipender les
gros...mais bon, bien qu'on parle d'éthique, laissons là cet aspect de la question pour ne pas être hors sujet.
Pour
revenir à nos hommes politiques, selon moi:
ils doivent être condamnés par la
justice plus sévèrement que les citoyens lambda, en cas de fraude
fiscale, détournement de fonds, corruption passive ou active, ou tous
autres délits que leurs fonctions les a mis en position de commettre.
Et
ils doivent être écartés de toute fonction publique définitivement. Pas
de droit à l'erreur, pas de rédemption possible. Ils iront voir dans le privé si leurs talents malhonnêtes trouvent à s'employer. Ils savent très bien semble-t-il donner devenir conférenciers ou conseils de chefs d'états dans des républiques bananières.
Un délit est en
général bien caractérisé par le code pénal, je ne pense pas qu'on risque d'être trop sévère et s'il faut revoir un peu
l'article 121.3 du code pénal, que le législateur le revoie dans l'optique de justice et de sévérité que je décris ci-dessus.
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