mardi 2 février 2021

Déclaration de droits de l'homme de 1789, toujours en vigueur: lecture critique de l'article 1

Valeurs fondamentales incluses dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

(toujours en vigueur)


Préambule : cette déclaration a été rédigée dans un contexte historique révolutionnaire et est vieille de deux siècles et demi. Il est donc probable que la forme des affirmations qu’on y trouve soit très marquée par ce contexte, et prête à des interprétations abusives, hors contexte, aujourd’hui. Quant au fonds, il est aussi objet de méfiance de ma part, car des concepts nouveaux peuvent être nécessaires aujourd’hui pour définir les droits de l’homme, et des concepts anciens, peuvent nécessiter d’être toilettés avant application à notre société moderne.


Lecture critique

Art1 Les hommes naissent libres et égaux en droits.

Affirmation admissible telle quelle.

Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Distinction sociale : qu’est-ce que les rédacteurs ont voulu dire par là ? Comment transposer aujourd'hui?

L’utilité commune : Qui la définit ? Comment obtient un consensus sur l’utilité commune ?

Je préfère la rédaction de l’article 1 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 adoptée par l’assemblée générale des nations unies qui stipule :

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Je préfère cette rédaction parce qu’elle impose un devoir en même temps qu’elle établit un droit : le devoir d’agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. De ce devoir peuvent découler dans la loi toutes les infractions qu’on voudra relatives aux tentatives de rupture de l’égalité.(avantages liés à la fonction, évasion et fraude fiscale, statuts particuliers de retraite,..etc)

Par contre cet article utilise un présupposé : « Ils sont (les humains) doués de raison et de conscience. » Pour que ce présupposé devienne bien réel, il faudrait mettre à l’écart de la société qu’on cherche à régir les fous et ceux qui manquent de conscience. Pour les fous, il y a les asiles, qui devraient être un lieu de soins et/ou de mise l’écart selon le degré de dangerosité et de curabilité. Pour ceux qui démontrent par leurs actes qu’ils n’ont pas de conscience, il y a les prisons, qui devraient être un lieu d’éducation, et de réinsertion, dans la mesure du possible (obligation de moyens, mais pas obligation de résultat).

Conclusion sur l’article 1 dans la rédaction de 1948 :

On y trouve deux principes à mon sens fondamentaux :

L’égalité des droits à la naissance.

Le devoir d’agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Commentaire : L’égalité des droits à la naissance est un vœu pieux. Il ne suffit pas de la proclamer. On sait bien aujourd’hui que les déterminismes génétiques et sociaux font que les chances sont en fait inégales. C’est donc l’accès aux moyens disponibles pour corriger ces déterminismes qui doit être donné de façon égalitaire.

L’égalité est un concept ambigu qui peut, sans précision, être interprété comme un droit à tout niveler (y compris patrimoine et revenu). Or, dans une société libérale, ces différences de revenus et de patrimoine apparaissent forcément. Il me semble qu’inévitablement, du fait de la nature humaine, des émotions vont polluer la raison, et déterminer des comportements jaloux, et envieux qui sont contraires à l’obligation de fraternité. Même si les plus chanceux, qui ont réussi à obtenir un métier valorisant et rémunérateur appliquent le principe de fraternité en s’acquittant scrupuleusement des impôts, taxes et cotisations qui servent à financer la solidarité (mot plus connoté économie politique pour nommer une des manifestations possibles de la fraternité.), ça ne garantit pas que les moins chanceux ne deviendront pas envieux du statut, des revenus et du patrimoine des autres.

Plus simplement dit : celui qui perçoit des allocations de l’État, risque d'oublier vite que ces allocations viennent de l’impôt auquel contribuent plus fortement les plus « riches » que lui. Pareil pour le bénéfice de « gratuités » ( sur la santé). Et organisés en parti politique, les moins chanceux peuvent rechercher la confiscation du revenu ou du patrimoine qu’ils considèrent comme indécents. Les inégalités en cours de vie proviennent pour partie d’inégalités à la naissance, mais aussi d’inégalité des efforts fournis. ( voir la cigale et la fourmi, pour ne citer qu’une philosophie à laquelle tout le monde à eu accès).

Dernière remarque : L’ article 1 de la déclaration de 1948 réserve le droit à la dignité aux humains. Est-ce que le fait que cela ne soit pas encore atteint, bien que proclamé, justifie qu’on oublie nos amies les bêtes dans une déclaration de valeurs qu’on estime fondamentale ? Je ne pense pas, et l’humanisme inclut à mon sens la défense de tous les faibles contre les attaques des humains.

Je suis un viandard, mais je préférerais qu’on assassine proprement les bestioles que je consomme.😉



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