Les actionnaires français se gavent-ils et faut-il pendre les bourgeois à la lanterne?
En préambule, un lien vers un tableau Excel qui calcule le rendement moyen des actions du CAC 40, avant impôts Rendement cac 40 2021. Conclusion: en moyenne pondérée, 2,57% de la capitalisation boursière.
Je fais partie de ces « sal.....ards » qui mettent une partie de leurs économies en bourse, je le dis tout de suite avant qu'on m'agresse en me le jetant à la figure au lieu de lire ce que j'écris.
J'en ai un peu marre que des gros titres racoleurs déclenchent la colère, voire la haine de certains citoyens à l'égard de la bourse.
Alors, je monte au créneau, pour l'éducation des « gens » de Mélenchon, s'ils lisent ça, et pour donner quelques arguments à ceux qui pensent comme moi.
Voici le lien vers la page de BOURSORAMA qui indique les rendements 2021 pour les actions éligibles au SRD. Rendements classés/SRD pour actualiser l’article écrit en 2018. Cliquer sur filtrer pour bien actualiser le tableau.
« Dernier » correspond au dernier cours de l'action.
« Var», c'est la variation par rapport au cours de la veille.
« Div N-1», c'est le montant en € du dividende versé aux actionnaires, avant prélèvements fiscaux( csg, crds et prélèvements sociaux, 17,2% ). et impôt sur le revenu (12,8%forfaitaire à partir de 2018, sans abattement), soit 30% en tout.
« Rend N-1 » C'est le % calculé en divisant le dividende exercice 2017 par le cours du jour de l'action.
Les div N et rend N sont basés sur le dividende prévu pour N ou décidé, s'il l'est déjà.
Pour N+1, on est dans la prévision pure, donc encore plus aléatoire que N.
Et qu'est-ce que je vois sur ces pages de Boursorama (Société générale) ?:
Elle indique les dividendes et rendements des actions du SRD (Service de Règlement Différé) . C'est à dire qu'on a là un échantillon beaucoup plus large que le CAC 40 (40 actions les plus significatives de la bourse de Paris) ou du SBF 120 (les 120 plus significatives). C'est quasiment la totalité des actions cotées en bourse, hors second marché. A classer par rendement N-1 décroissant.
La première page, ci après, montre des rendements (avant impôt) de 7,38 % pour la meilleure, NEOPOST (activité de commercialisation de machine s à affranchir).
Avant impôts. Donc, en 2018, celui qui percevrait 1,70 € payerait 30% d'impôts, soit 0,51 €. Il lui resterait, net d'impôt 1,19 €, soit 5,16% de rendement.
Rappel : rendement n'est pas rentabilité, car pour la rentabilité, il faut tenir compte de l'évolution du cours, (et des frais sur transactions). Si en 2018, l'action monte de 15% par rapport au cours au premier janvier, la rentabilité avant impôts est de 15% de progression, plus 7,38 % de dividende, soit 22, 38%.
Voilà un chiffre proprement scandaleux (ironique) quand les livrets A sont rémunérés au taux de 0,75% (taux confirmé jusqu'en février 2020, baissé à à.50 %, puis remonté à 1 % au 1er février 2022)
Bon.
Avec les impôts que supportent les dividendes et la plus value, la rentabilité baisse bien sûr.
A compter de 2018, c'est la flat tax de
30% (critiquée par les anti capitalistes) qui s'applique aux
plus-values comme aux dividendes, sauf option contraire du
contribuable, qui peut soumettre ces revenus à l'impôt dans sa tranche marginale.
Donc, mon actionnaire qui a gagné en tout 22,38% de sa mise, n'en conserve que 70%, soit 15, 66% de sa mise. Et 6,72% de ses gains vont participer au financement de la collectivité.
Mais dans mon exemple, cet actionnaire est chanceux : son action a progressé de 15%. Et cet exemple est loin d'être représentatif de toute la bourse. (voir ci après cac 40 sur 10 ans).
Il est évident à tous que celui qui a acheté des actions du CAC 40 en 2012 pour les revendre en 2018 a obtenu, grâce à l'évolution du cours, un très bon rendement. Mais celui qui a acheté en 1998 a un rendement de 10% sur 10 ans, ce qui ne fait même pas 1 % par an.( les matheux me comprennent).
Je me suis éloigné du sujet DIVIDENDES en parlant de l'évolution des cours, mais c'est pour conclure que le dividende, même si les sociétés essayent de le garder à peu près constant pour fidéliser leurs actionnaires, n'est pas la seule variable à prendre en compte pour juger de la rentabilité des actions. Il y a un risque. Un gros risque à placer son argent en bourse. C'est pour ça que tout le monde n'y va pas.
Bien Sûr, Mamy foldingue (comme disaient
les guignols à propos de Mme Béthencourt) voit de grosses sommes
tomber dans son escarcelle tous les ans. Mais c'est un cas
exceptionnel. Et sauf défiscalisation massive par des procédés
condamnables qui me dépassent et contre lesquels il est très
difficile de lutter, elle contribue aussi largement aux finances
collectives : 30% des dividendes de Mme Béthencourt, ça doit
bien boucher un trou quelque part dans les finances publiques quand
même. Non?
Pour en revenir aux dividendes, remarquez bien qu'à partir de la page 5 sur 20 du tableau des rendements par actions, ce rendement tombe à zéro pour les actionnaires. Pas de dividendes du tout. Ni en 2017 ni prévus.… (page 8 sur 20 à ce jour, 19/05/2022).
Donc, la bourse n'est le jackpot garanti pour personne. Ça se saurait et il y aurait plus de monde pour y placer des sous.
C'est toujours facile d'émouvoir les foules en mettant en avant des sommes dépassant même leur pouvoir de conception : 54,3 milliards d’euros en 2016. (57 milliards en 2021) Facile de susciter des réactions du genre « y'a qu'à prendre aux riches, c'est indécent ».
Primo : Si on leur en prend 30% en impôts (je laisse de côté encore l'évasion fiscale qui est un autre problème), ça fait un joli petit pactole pour les finances publiques.
Deuxio : le montant en euro des
dividendes versés à l'ensemble des actionnaires est une chose. Mais
le rendement en % pour tous ces actionnaires est une information trop
souvent occultée.( Je rappelle:2,57% en moyenne pondérée sur le CAC 40 EN 2021)
Tertio : Le risque lié à ce
genre de placement est aussi occulté. Mais lorsqu'on fait une
augmentation de capital chez Alstom, parce qu'on a besoin d'investir
pour créer de nouveaux TGV, il faut bien se demander si les
actionnaires vont mettre de l'argent là-dedans ou s'ils vont
craindre de perdre leur mise. Si ces dividendes réguliers donnent à Alstom les moyens
d'investir en entretenant la confiance des investisseurs, ça va bénéficier à l'emploi, qui sera maintenu ou augmenté, à la balance des paiements.
Si les actionnaires potentiels ont peur, il faudra emprunter aux banques, et là, le coût est certain.
Quarto, pour finir : si les entreprises françaises distribuent plus de dividendes que les autres dans le monde (ce qui est le cas en 2016. voir : https://www.20minutes.fr/economie/2017791-20170221-france-plus-gros-payeur-dividendes-europe), c'est que faute de fonds de pension en France pour nourrir la bourse en argent frais, il faut attirer les investisseurs avec des dividendes plus élevés.
Alors quelle est ma conclusion ?
La bourse est un lieu où les sociétés peuvent trouver du financement, et les épargnants un moyen de placer leurs économies. En soi, un tel marché est tout à fait nécessaire au fonctionnement de l'économie capitaliste. Ce qui est nuisible, c'est le comportement de certains qui évitent de payer l'impôt sur les revenus générés, ou qui font flamber les cours artificiellement (et replonger un jour, donc) par leurs spéculations. Mais ça, c'est une autre histoire que le montant des dividendes versés, que je ne trouve absolument pas choquant en lui-même.
J'espère que le présent article aura permis à certains de revoir leur préjugé sur ce sujet ou à d'autres, de se forger des arguments pour répondre aux moralistes anti capitalistes.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
D'accord, pas d'accord, vous pouvez-le dire, mais argumentez, et citez vos source, s'il y a lieu...