mardi 15 décembre 2020

Petit dictionnaire du populisme

Dictionnaire du populisme

 Les mots définis dans le présent (petit) dictionnaire sont d’abord définis dans leur sens commun, puis par rapport au sens qu’ils ont dans le cadre du populisme.

 ANGOISSE 

Larousse :Grande inquiétude, anxiété profonde née du sentiment d'une menace imminente mais vague.

 Populisme : C’est une des caractéristiques de l’état d’esprit de ceux qui se réfugient sous la protection d’un leader capable d’apaiser cette angoisse. L’angoisse de celui qui est séduit par le vote populiste trouve son origine dans plusieurs causes, bien réelles ou fantasmées : le changement de plus en plus rapide du monde fait craindre de ne pas pouvoir s’adapter aux évolutions inévitables du monde du travail. Les mouvements migratoires font craindre de voir la France envahie d’étrangers aux mœurs, aux cultures et aux religions différentes. La mobilité sociale intergénérationnelle n’est plus ce qu’elle était depuis la fin des trente glorieuses, et on s'angoisse autant, voire plus, pour ses enfants que pour soi-même.

 

BIAIS COGNITIF

Les biais cognitifs sont des façons rapides et intuitives de porter des jugements ou de prendre des décisions qui sont moins laborieuses qu’un raisonnement analytique qui tiendrait compte de toutes les informations.

Une multitude de biais intervenant dans plusieurs domaines ont été identifiés par la recherche en psychologie cognitive et sociale.

Populisme :

Le leader populiste peut compter sur plusieurs biais cognitifs pour développer la croyance en ses affirmations :

Le biais de confirmation (voir le lien PSYCHOMEDIA ci-dessous)

Le biais de croyance (idem)

L'effet de halo (idem)

L'excès de confiance (et l’effet Dunning-Kruger WIKIPEDIA)


Psychomedia 25 biais cognitifs


 CLASSE SOCIALE

 La définition que Karl Marx donnait de ce terme est d’une grande utilité quand on étudie le populisme:Karl Marx(1818-1883) définit les classes sociales par rapport à leur position et à leur rôle dans le processus de fabrication. En se fondant sur une vision antagoniste de la société et en s'inspirant de l'histoire, il a rassemblé les différents groupes en deux classes sociales principales : le prolétariat, classe dominée, et la bourgeoisie, classe dominante qui possède les moyens de production. Pour Karl Marx, une classe ne peut exister que si elle a conscience d'être une classe.

 Populisme : Le concept de classe sociale est inadapté pour cerner les suiveurs des leaders populistes. Ces derniers recrutent parmi presque toutes les strates de la population. Il n’y a plus de classes sociales homogènes comme bourgeoisie- prolétariat. L’individualisme a remplacé la conscience de classe et ce qui constituait le prolétariat est désormais un groupe hétérogène constitué de sous groupes aux intérêts opposés. Exemple : les salariés de la SNCF bénéficiant d’un régime de retraite particulier luttent contre l’abandon de leurs privilèges catégoriels et ne se soucient pas du fait que leurs avantages sont financés par tous les contribuables du pays relevant du régime de retraite général. Ainsi, les conflits sociaux portent désormais davantage sur des revendications catégorielles, et non pas sur les besoins d’une classe sociale.Les clivages sont multiples, pour ne pas dire infinis (salarié du privé et fonctionnaire, baby boomers et jeunes, citadins et campagnards, salariés et travailleurs indépendants, chômeur et travailleur,....)

CONFIANCE 

Wikipédia : « un état psychologique se caractérisant par l'intention d'accepter la vulnérabilité sur la base de croyances optimistes sur les intentions (ou le comportement) d'autrui » Citation : « Un oiseau sur un arbre n'a pas peur que la branche casse, car la confiance n'est pas dans la branche mais dans ses propres ailes. »

 Populisme : La confiance en autrui, dans les institutions, dans la justice, et même en soi baisse drastiquement depuis des années. L’appât du politique en quête d’élection, c’est de susciter la confiance en lui et en les solutions qu’il propose. L’homme qui n’a pas confiance en lui-même, en ses capacités à réagir aux changements de son environnement, veut se placer sous la protection d’un chef fort, et veut croire en les solutions simples ( simplistes) qu'il propose. 

 

 DÉMOCRATIE

 Les athéniens pratiquaient une démocratie ("demos" = peuple au sens de tous les citoyens de la cité et "kratein"=commander) directe. Les citoyens se réunissaient sur l'AGORA, discutaient et votaient les lois. Mais ils ne reconnaissaient pas la qualité de citoyens aux esclaves sur lesquels reposait le fonctionnement matériel de leur cité. (Au passage, rappelons que ces grands inventeurs de la démocratie écartaient aussi de l'AGORA les femmes, jugées inaptes.) Bien commode pour avoir le temps de réfléchir et palabrer, et donc aussi possible du fait du nombre limité de participants. La démocratie directe semble donc impossible à entretenir lorsque la population ayant le droit d'y participer devient trop nombreuse.

 Citation : Albert CAMUS : « la démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection des minorités. » L'écrivain philosophe visait là un écueil possible de la démocratie: la possible tyrannie de la majorité. exemple: la majorité est hétérosexuelle. Donc, on légifère pour pénaliser les homosexuels. La France ne dépénalise qu'en 1982 avec de s débats houleux à l’assemblée (Le monde)

Populisme : Démocratie est un mot valise ou mot caoutchouc, auquel chacun donne le sens qu'il veut. C'est un peu normal, puisque le mot démocratie désigne un processus en perpétuelle évolution, compatible avec diverses modalités pratiques: suffrage universel ou censitaire, direct ou indirect, scrutin majoritaire ou à la proportionnelle, référendum... Lorsque la démocratie directe est devenue impossible du fait de l’importance grandissante de la population, on a inventé la démocratie représentative, dans laquelle les citoyens ne votent plus les lois, mais élisent des représentants qui votent les lois. C'est notre système actuel. Internet a permis l'émergence d'un nouveau concept, la « cyber-démocratie », permettant la consultation et/ou le vote de citoyens très nombreux, et très dispersés géographiquement. Très tentante à priori, cette notion bute assez vite sur un obstacle dans une civilisation complexe comme celle du 21 eme siècle: si tous les citoyens doivent voter chaque loi, ils devront s'informer sur les conséquences de cette loi. Ils le feraient via les textes officiels (exposé des motifs contenus dans la loi elle-même), mais aussi via la presse, et s'ils sont consciencieux, via des livres de fond ayant traité du sujet. On voit immédiatement les difficultés et les dangers: la presse n'est pas forcément ( on pourrait aussi écrire "forcément pas") objective et donnera des informations tronquées ou carrément partisanes. Il faudrait que chaque votant en ait conscience et corrige ce biais en lisant des journaux de tendances partisanes opposées. Les partis politiques feront de même. Une question posée au peuple par référendum n'est pas non plus une garantie de décision éclairée guidée par la raison. Exemple type récent: le BREXIT. On a demandé au peuple britannique s'il voulait rester dans l'union européenne ou la quitter. Mais derrière cette question simple (simpliste?) se cachaient toute une kyrielle de questions complexes qu'il appartenait à chacun de se poser. Et il semblerait bien que la décision populaire ait été sacrément orientée par des journaux et des hommes politiques ayant menti ou simplement éludé des conséquences problématiques. Nous avons eu l'impression qu'au résultat du vote, la Grande Bretagne se réveillait avec la gueule de bois en disant "mais qu'avons nous fait? ". Le mot démocratie est souvent accolé à un autre, pour tenter de préciser. La "démocratie populaire" est un terme issu du lexique communiste un peu tombé en désuétude après l'effondrement de l'URSS. Il est opposé au terme "démocratie libérale" qui désigne le régime en vigueur dans les pays capitalistes. 

Selon certains auteurs, la démocratie libérale se caractérise par trois choses: 1. le peuple vote pour élire des représentants. 2. Des instances judiciaires supérieures surveillent les représentants élus en vérifiant la conformité des lois proposées ou votées à la constitution. En France, chaque citoyen peut saisir le tribunal administratif (qui sert de filtre aux demandes farfelues) en vue de demander au conseil constitutionnel son avis sur la conformité de telle ou telle loi, , ou décret. Nous sommes donc dans un régime politique de démocratie représentative libérale. Et c'est à ça que je pense quand j'emploie par raccourci commode le mot de "démocratie". 3. On organise soigneusement la séparation des pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire.4. Il existe une presse libre et indépendante capable de mettre sur la place publique des faits qui relèvent de la justice, mais dont elle n’a pas eu à connaître. La justice indépendante du pouvoir exécutif peut donc décider de se saisir des faits soulevés pour enquêter et poursuivre éventuellement. 

Cette dernière composante de la démocratie libérale n'est pas sans inconvénient: La presse libre et indépendante n'en est pas moins orientée politiquement. Elle risque donc d'orienter ses investigations dans le sens politique qui est le sien, et de ne mettre sur la place publique que ce qui coïncide avec ses objectifs. C'est ainsi, il faut juste le savoir...et souhaiter que des presses opposées politiquement les unes aux autres fassent des investigations dans des directions complémentaires.

 

DÉMOCRATIE ILLIBÉRALE

 Régime qui officiellement se dit démocratique mais soumet les libertés fondamentales au soi-disant intérêt de la Nation.
 
 
Par démocratie illibérale, il faut entendre les gouvernements élus démocratiquement, mais qui ignorent les limites constitutionnelles à leur pouvoir et qui risquent de finir par déposséder les citoyens de leurs droits et libertés. En d’autres termes, ce sont des dirigeants élus qui ne respectent pas les limites de l’État de droit.

En savoir plus sur https://www.laculturegenerale.com/fareed-zakaria-democratie-illiberale/ | La culture générale
 https://www.laculturegenerale.com/fareed-zakaria-democratie-illiberale/
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Par démocratie illibérale, il faut entendre les gouvernements élus démocratiquement, mais qui ignorent les limites constitutionnelles à leur pouvoir et qui risquent de finir par déposséder les citoyens de leurs droits et libertés. En d’autres termes, ce sont des dirigeants élus qui ne respectent pas les limites de l’État de droit.

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ÉLITE :

Larousse : Groupe minoritaire de personnes ayant, dans une société, une place éminente due à certaines qualités valorisées socialement : Élite intellectuelle.


Populisme : L’élite est désignée par les leaders populistes comme responsable des malheurs (réels ou fantasmés) du peuple. Elle est dans ce cadre constituée des élus de la république, des dirigeants des grands groupes commerciaux et industriels, censés agir de concert pour spolier le peuple à leur profit.

 

 GILET JAUNE

Pour moi un gilet jaune, c'est avant tout quelqu'un qui se sent oublié, laissé pour compte, qui réussit grâce aux réseaux sociaux, à trouver des gens qui pensent comme lui (elle) et qui souhaite faire entendre sa voix, en dehors des partis politiques auxquels il ne fait plus confiance. En se regroupant sur des rond-points, les gilets jaunes ont pu parler entre eux en réel, créant ainsi du lien social, en s’entretenant mutuellement dans leurs opinions. Ils ont exercé des actions plus ou moins violentes contre les bâtiments ou les équipements qui leur semblaient représenter l’autorité de l’état et les élites qu’ils estiment responsables de leur misère. Leur méfiance extrême de la démocratie représentative les a empêchés de désigner des représentants mandatés pour négocier avec l’état. 

MOBILITÉ INTERGÉNÉRATIONNELLE

La mobilité intergénérationnelle concerne le degré de différence entre le statut social des parents et celui de leurs enfants.

 Populisme : Plus elle est faible, plus elle constitue un terreau favorable au populisme. Durant les trente glorieuses, chaque génération pouvait espérer voire ses enfants s’élever socialement. La mondialisation de l’économie a entraîné un transfert des emplois industriels vers le tiers monde, et donc créé un chômage systémique dans l’ancien monde. Ce chômage frappe aussi bien les parents en cours de carrière que les enfants, même diplômés, lors de la recherche d’un premier emploi. Les leaders populistes s’appuient sur cette angoisse pour tenter d'accéder au pouvoir en promettant  de résoudre ces questions. Même si en regardant ces propositions de près, elles se révèlent irréalistes, elles ont toutes les chances d’attirer le vote populaire, simplement parce qu’elles répondent à une angoisse.

 PAUVRETÉ

 La pauvreté est "l’état, la condition d’une personne qui manque de ressources, de moyens matériels pour mener une vie décente" (Trésor de la langue française).

 La pauvreté, selon moi, c’est comme la température : il y a la réelle, mesurable, et la ressentie, subjective. Le vent augmente la sensation de froid, et l’envie augmente le sentiment de pauvreté. 

Populisme : La définition générale fait référence à une « vie décente ». Mais cette notion est tout à fait relative au lieu et à l ‘époque. Un africain vivant dans la brousse, à proximité d’un point d’eau, de fruits et de gibier, estimera qu’il a une vie décente. Un occidental ne pouvant pas se payer un smartphone, un téléviseur, ou une voiture dernier cri s’estimera pauvre. Le leader populiste affirme à ses ouailles qu’elles sont pauvres et que c’est la faute des riches. Parmi les suiveurs, se plaignant de leur pauvreté, beaucoup seraient considérés comme des riches dans d’autres pays, mais ils ne s’en rendent pas compte, et leur leaders se gardent bien de leur dire. 

PEUPLE 

 Wikipédia :Le mot peuple est une notion polysémique dont le sens varie selon le contexte. Il désigne à la fois :

 • un « ensemble des individus constituant une nation, vivant sur un même territoire et soumis aux mêmes lois, aux mêmes institutions politiques »1. Ici, le peuple est déterminé par la nation qu'il constitue, le territoire qu'il occupe et la soumission aux mêmes règles de droit. C'est la vision la plus restreinte du peuple.

 • un « ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d'origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d'institutions communes »1. Ici, le peuple est déterminé par un territoire et une culture propres, mais pas par la soumission aux lois.

 • un « ensemble de personnes qui, n'habitant pas un même territoire mais ayant une même origine ethnique ou une même religion, ont le sentiment d'appartenir à une même communauté »1. Ici, le peuple n'est défini que par une culture, voire une tradition commune. C'est la vision la plus étendue de la notion de peuple.²

 Populisme : Le mot peuple est employé par le leader sans jamais préciser parmi les sens ci-dessus celui qu’il donne au mot. Cela devient un concept flou, permettant de « ratisser large », puisque chacun donnant son sens au mot, chacun peut se sentir concerné quand le leader populiste emploie le mot.

Il faut remarquer que les populistes (de gauche comme de droite) prétendent redonner au peuple-un la parole qui lui a été confisquée par les élites, les politiciens nationaux et européens. Bien entendu, c'est le leader populiste, dans cette rhétorique, qui est censé devenir celui qui exprime la parole du peuple. 

bibliographie: Pierre ROSANVALLON  "Le siècle du populisme".

POPULISME

 Dictionnaire de l’académie française : « 2. politique. Souvent péjoratif. Attitude, comportement d’un homme ou d’un parti politique qui, contre les élites dirigeantes, se pose en défenseur du peuple et en porte-parole de ses aspirations, avançant des idées le plus souvent simplistes et démagogiques. » 

Le populisme consiste, pour un parti ou un mouvement, à se proclamer seul détenteur de la légitimité et à traiter ceux qui sont en désaccord, non comme des adversaires politiques, mais comme des ennemis du peuple. (La lettre politique : Le populisme contre le peuple Par Laurent Joffrin, Directeur de la publication de Libération — 24 janvier 2019) 

POPULISTE

 Il faut distinguer deux emplois différents de ce mot : Il y a le leader politique populiste. Et il y a les suiveurs de ce leader. 

POPULISTE (leader)

 Le leader populiste se caractérise par plusieurs éléments : Il repère dans l’opinion publique de son pays un sentiment de mécontentement commun à différentes strates de la population. Il n’assoit son discours politique sur aucun dogme économique particulier, car cette doctrine n’a pas été théorisée par des auteurs reconnus, comme c’est le cas pour le libéralisme, le capitalisme, le marxisme, etc. Il est un tribun, capable de galvaniser ses troupes dans des meeting. Il désigne des responsables des problèmes du peuple : principalement,  « les élites », terme vague qui permet de mettre dans le même sac les politiciens adverses, les grands patrons…. Mais aussi, et selon les particularités de chaque pays, d'autres responsables : les immigrés, l’Europe, la mondialisation de l’économie, le grand Satan américain... Il propose des solutions simples aux problèmes complexes de ce monde, de façon à rassembler derrière lui ceux qui sont angoissés par l’avenir. Il assure que les élites ont confisqué la démocratie à leur profit en en faisant une pompe à fric fonctionnant à leur profit exclusif. Ils assurent qu’eux, ils vont redonner la parole et le pouvoir au peuple en prétendant l'avoir compris et parler en son nom.

POPULISTE (suiveur)  

C’est un citoyen désenchanté par les promesses non tenues des gouvernements successifs des trente dernières années. Il ne croit plus en les partis traditionnels de gauche ni de droite, mais préfère sont qui n’ont jamais exercé le pouvoir et se présentent donc comme vierges. Comme le leader populiste lui affirme qu’il est victime de l’élite technocratique et politique de son pays, il est prêt à le croire, car cela le rassure qu’on désigne des responsables qu’il suffirait de « dégager » pour résoudre tous les problèmes. 

 

Réseau social

Hors du domaine des sciences sociales, l'expression « réseaux sociaux » renvoie aux entreprises de réseautage social sur internet et à leurs utilisateurs à travers le monde. Les applications désignées comme « service de réseautage social en ligne » servent à constituer un réseau social virtuel en reliant, non pas des personnes, mais des identités virtuelles. Leurs utilisateurs utilisent des liens hypertexte ou des bases de données dont ils n'ont parfois pas connaissance dans le but de faciliter la gestion des carrières professionnelles, la distribution et la visibilité artistique ou les rencontres privées. Certains réseaux sociaux sont devenus de véritables entreprises de communication qui peuvent atteindre un public très large. (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_social)


Populisme : Les réseaux sociaux constituent un vecteur essentiel du développement du populisme pour plusieurs raisons :

-Ils permettent une relation de un à tous au lieu de la relation de un à quelques-uns que permettent les médias classiques, types journaux papiers ou journaux télévisés et le célèbre café du commerce. Ils permettent aussi, en s’exprimant dans des groupes FACEBOOK, un micro ciblage des électeurs lors de campagnes électorales, en adaptant la communication à chacune de ces micro-cibles. Il semblerait bien que ce micro ciblage permette aux organisations (états, partis politiques, groupuscules divers) d'agir sur l'opinion en diffusant des fake news.

-Ils permettent une communication simpliste, et simplificatrice, qui fait appel à l’émotion plus qu’au raisonnement.

La résonance des arguments chocs employés par les populistes est amplifiée par des biais cognitifs (voir ce mot) :

- l’effet Dunning-Kruger (voir ce mot) ou effet d’excès de confiance  qui fait que les moins compétents dans un domaine sont persuadés d’être très compétents.

- le biais de confirmation, qui fait qu’on a tendance à ne rechercher et à ne prendre en compte que les informations qui confirment les croyances.


Lire plus : Populisme et reseaux sociaux, Le Figaro


 

vendredi 14 août 2020

Ethique, condition nécessaire de la démocratie

 

Qu'il soit, majoritaire, proportionnel, aléatoire,... le mode de choix des représentants du peuple ne garantit pas l'éthique des élus. Même un examen de philo (j'imagine la salle d'exam avec tous les candidats en train de plancher sur une question de philosophie éthique, avec MLP en train d'essayer de pomper sur JLM) ne garantirait pas de choisir les plus éthiques: on peut connaître les philosophies morales, et s'en affranchir à titre personnel.
 
Donc, le tri en fonction de la qualité de l'éthique des candidats ne peut se faire qu'à posteriori, à condition d'avoir une presse libre, une justice indépendante et un exécutif (dont dépendent la police, dont la DST) ferme sur les questions d'éthique. La justice en France peut (et doit?) se saisir d'une affaire soulevée par la presse. C'est une garantie. Elle peut (et doit?) ensuite charger les différentes polices d'enquêter sur telle ou telle affaire. La police doit faire diligence, honnêtement. Quand la justice, conclut après enquête, qu'un homme de pouvoir (élu, membre du gouvernement, haut fonctionnaire, voire petit fonctionnaire) a commis un délit en rapport avec ses fonctions, ce délinquant doit être écarté définitivement des fonctions publiques !!
Le fait qu'il s'agisse d'un ami personnel du président, de sa famille, d'un fils de député ne doit jamais conduire à une indulgence politique. L'éthique est une valeur supérieure à la fidélité en amitié en politique. ( vrai ou faux selon vous? Vous avez deux heures).
Pas de "il s'est fait prendre la main dans le pot confiture au ministère, donc je le recase à la présidence de l'assemblée, ou à celle d'un organisme public quelconque ou d'une commission Théodule grassement rémunérée..." Rien, Nada. Quasiment le bannissement des tribus primitives pour celui qui avait enfreint la règle du clan.
 
Quant à la peine infligée par la justice, elle doit être choisie en considérant l'exercice de fonctions publiques comme une circonstance hautement aggravante. De façon à ne jamais arriver à des peines de prison inférieures à deux ans, qui permettent un aménagement de peine, jugé (avec raison, ce me semble) trop doux aux yeux du peuple pour ces délinquants là.
L'éthique des dirigeants est donc une conséquence de l'intransigeance totale des différentes instances chargées de veiller au respect des lois.
Et le respect du peuple, pour ses dirigeants choisis suivra. La suspicion perpétuelle actuelle, l'idée du "tous pourris" si communément répandue, et entretenue par ceux qui se présentent comme des parangons de vertu (parfois démasqués par la presse) tant qu'ils n'ont pas eu le pouvoir, est la première chose à éliminer pour restaurer une démocratie viable. Le système électoral joue un rôle dans la démocratie, mais à mon sens, c'est à la marge. C'est l'idée que nos dirigeants sont vertueux en plus d'être compétents qui peut amener le peuple à mieux les suivre.

En outre, en ce qui concerne la vertu, je ne pense pas que les électeurs en soient mieux pourvus en général que les élus: les grosses fraudes des uns, exonèrent de toute culpabilité morale les petits fraudeurs, complètement décomplexés: "Quoi, vous dira-t-on, je devrais payer avec facture le maçon qui vient me faire un petit travail, alors que ça me coûte 20% moins cher au black? Et les députés, combien ils gagnent ces feignants? On ferait mieux de s'occuper de la fraude fiscale des riches?". Remarque pleine de ce "bon sens " dont on nous rebat les oreilles pour expliquer qu'il suffit de "bon sens" pour régler tous les problèmes.

L'éducation morale se fait par l'exemple, non?

Au passage, petit calcul: 30 millions de ménages en France, grosso modo. Mettons 200 euros par an en moyenne de "petits services entre amis" ( ménage, jardinage, maçonnerie, plomberie, peinture,entretien automobile,...)= 6 milliards par an qui échappent à la TVA parfois, à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales toujours. Cette fraude des ménages, estimée à la louche, est sans commune mesure avec l'estimation de la fraude fiscale totale en France (60 à 80 milliards selon les sources), mais la perte de recettes fiscales et sociales pour l'état n'est pas pour autant un chiffre négligeable.
 
En se plaçant sur un plan moral, je me demande d'ailleurs quelle part l'envie joue dans la promptitude des petits fraudeurs à vilipender les gros...mais bon, bien qu'on parle d'éthique, laissons là cet aspect de la question pour ne pas être hors sujet.
 
Pour revenir à nos hommes politiques, selon moi: 
ils doivent être condamnés par la justice plus sévèrement que les citoyens lambda, en cas de fraude fiscale, détournement de fonds, corruption passive ou active, ou tous autres délits que leurs fonctions les a mis en position de commettre.
Et ils doivent être écartés de toute fonction publique définitivement. Pas de droit à l'erreur, pas de rédemption possible. Ils iront voir dans le privé si leurs talents malhonnêtes trouvent à s'employer. Ils savent très bien semble-t-il donner devenir conférenciers ou conseils de chefs d'états dans des républiques bananières.
 
Un délit est en général bien caractérisé par le code pénal, je ne pense pas qu'on risque d'être trop sévère et s'il faut revoir un peu l'article 121.3 du code pénal, que le législateur le revoie dans l'optique de justice et de sévérité que je décris ci-dessus.

samedi 1 août 2020

Définitions: LA DEMOCRATIE.


Définitions: LA DEMOCRATIE. 
 
Mot valise ou mot caoutchouc, auquel chacun donne le sens qu'il veut. C'est un peu normal, puisque le mot démocratie désigne un processus en perpétuelle évolution, compatible avec diverses modalités pratiques: suffrage universel ou censitaire, direct ou indirect, scrutin majoritaire ou à la proportionnelle, référendum...

Les athéniens pratiquaient une démocratie ("demos" = peuple au sens de tous les citoyens de la cité et "kratein"=commander) directe. Les citoyens se réunissaient sur l'AGORA, discutaient et votaient les lois. Mais ils ne reconnaissaient pas la qualité de citoyens aux esclaves sur lesquels reposait le fonctionnement matériel de leur cité. Bien commode pour avoir le temps de réfléchir et palabrer, et  aussi possible du fait du nombre limité de participants. La démocratie directe semble donc impossible à entretenir lorsque la population ayant le droit d'y participer devient trop nombreuse. C'est pourquoi, on a inventé la démocratie représentative, dans laquelle les citoyens ne votent plus les lois, mais élisent des représentants qui votent les lois. C'est notre système actuel. Internet a permis l'émergence d'un nouveau concept, la cyberdémocratie, permettant la consultation et/ou le vote de citoyens très nombreux, et très dispersés géographiquement. Très tentante à priori, cette notion bute assez vite sur un obstacle dans une civilisation complexe comme celle du 21 eme siècle: si tous les citoyens doivent voter chaque loi, ils devront s'informer sur les conséquences de cette loi. Ils le feraient via les textes officiels(exposé des motifs contenus dans la loi elle-même), mais aussi via la presse, et s'ils sont consciencieux, via des livres de fond ayant traité du sujet. On voit immédiatement les difficultés et les dangers: la presse n'est pas forcément objective et donnera des informations tronquées ou carrément partisanes. Les partis politiques feront de même. Une question posée au peuple par référendum n'est pas non plus une garantie de décision éclairée guidée par la raison. Exemple type récent: le BREXIT. On a demandé au peuple s'il voulait rester dans l'union européenne ou la quitter. Mais derrière cette question simple (simpliste?) se cachaient toute une kyrielle de questions complexes qu'il appartenait à chacun de se poser. Et il semblerait bien que la décision populaire ait été sacrément orientée par des journaux et des hommes politiques ayant menti ou simplement éludé des conséquences problématiques. Nous avons eu l'impression qu'au résultat du vote, la grande Bretagne se réveillait avec la gueule de bois en disant "mais qu'avons nous fait?". 
Le mot démocratie est souvent accolé à un autre, pour tenter de préciser: La "démocratie populaire" est un terme issu du lexique communiste un peu tombé en désuétude après l'effondrement de l'URSS. Il est opposé au terme "démocratie libérale" qui désigne le régime en vigueur dans les pays capitalistes. Selon certains auteurs, la démocratie libérale se caractérise par deux choses: 1. le peuple vote pour élire des représentants. 2. Des instances judiciaires supérieures surveillent les représentants élus en vérifiant la conformité des lois proposées ou votées à la constitution. En France, chaque citoyen peut saisir le tribunal administratif (qui sert de filtre aux demandes farfelues) en vue de demander au conseil constitutionnel son avis sur la conformité de telle ou telle loi, ou décret. Nous sommes donc dans un régime politique de démocratie représentative libérale. Et c'est à ça que je pense quand j'emploie par raccourci commode le mot de "démocratie".
 

mercredi 22 juillet 2020

Notes de lecture: Yasha MOUNK LE PEUPLE CONTRE LA DEMOCRATIE

Yasha MOUNK LE PEUPLE CONTRE LA DEMOCRATIE
 Notes de lecture sur l'introduction
 
 Introduction Le populisme d’extrême droite croît dans toutes les démocraties. Les leaders de ces mouvements prétendent tous que les solutions à apporter aux problèmes sont beaucoup plus simples que ce que les personnalités politiques bien établies voudraient nous faire croire. Selon eux, la grande masse des gens ordinaires savent d’instinct ce qu’il conviendrait de faire et si la pure voix du peuple prévalait, les raisons du mécontentement populaire disparaîtraient.
Si les problèmes politiques de notre temps sont si faciles à régler, il faut que quelqu’un soit à blâmer. Les populistes ne se privent pas de blâmer : Leur première cible se situe en général à l’extérieur des frontières. Trump impute les problèmes économiques des états unis à la Chine. Il attise les peurs de ses concitoyens en soutenant que l’Amérique serait envahie de violeurs (mexicains) et de terroristes (musulmans). Le Pen et Farage considèrent que ce doit être la faute des étrangers (pique-assiettes arabes et plombiers polonais). Comme Trump, ils reprochent aux élites politiques (les bureaucrates de Bruxelles et les médias à leurs ordres) leur échec à remplir les promesses qu’elles avaient formulées.

On considère que notre régime politique est la démocratie libérale. démocratie parce que le peuple (démos) décide, et libérale, parce que les institutions protègent les minorités (ethniques, religieuses,...) contre l’éventuelle tyrannie de la majorité.
Une démocratie n’est pas seulement un état dans lequel les citoyens sont appelés régulièrement aux urnes. Elle n’est réelle que si des institutions judiciaires (cour suprême aux états unis, conseil d’état et conseil constitutionnel en France) permettent des recours contre les éventuels abus de la majorité via ses lois, ou ses administrations.
 
LES CIRCONSTANCES ET LEUR EXPLOITATION PAR LES POPULISTES VIA DIVERSES ARMES
 
Yasha MOUNK étudie principalement le populisme américain, via l’exemple TRUMP. Mais il le rapproche également d’exemples européens.
Il dégage de grandes constantes:
 
Le simplisme, qui consiste à proposer au peuple des solutions simples aux grands problèmes complexes de ce monde. En effet, le monde est devenu extrêmement complexe aux plans économiques, écologiques, démographiques, migratoires, technologiques… L’effet papillon ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_papillon) est possible dans tous ces domaines et il est difficile d’apprécier dans un environnement complexe toutes les conséquences d’un acte isolé. ‘exemple :en voulant protéger son industrie automobile, la France taxe fortement les importations de Corée. Effet induit non souhaité : les Coréens envisageaient d’acheter un TGV, ils ne consultent pas la France et se tournent vers l’Allemagne ou la Chine. Notre industrie du TGV est en difficulté et perd des emplois peut-être en nombre supérieur à ceux sauvés dans l’industrie automobile en ralentissant l’importation de voitures coréennes.
Tant que la croissance économique était là, ces problèmes existaient peu, ou n’étaient pas perçus. On a longtemps cru que l’on pouvait se servir impunément à volonté sur la planète, même si depuis longtemps des écologistes de la première heure tiraient les sonnettes d’alarme. On a longtemps considéré que la croissance indéfinie était possible, et cette croissance permettait à chaque génération de vivre mieux que la précédente.
Mais depuis la fin des trente glorieuses (Trente_Glorieuses wikipedia), la croissance est devenue stagnation dans les pays riches, et n’a plus pallié les évolutions du monde. Les emplois industriels se sont déplacés vers des pays à coût de main d’œuvre inférieur, et le vieux monde (Europe, États Unis) s’est rabattu sur le tertiaire, plus adapté au niveau d’éducation de sa population.
L’effet positif du déplacement des emplois industriels vers ce qui était le tiers monde a été la forte diminution de la faim dans le monde.
 
 
 
L’effet négatif a été que la croissance s’étant déplacée du premier monde vers les pays dits émergents rendus libres par la décolonisation, un chômage endémique s’est installé en France, et plus ou moins partout dans le vieux monde (on dit aussi”premier monde”).
 
Ce chômage est générateur de pauvreté, malgré les palliatifs plus ou moins puissants mis en place.
Et la recherche d’équilibres budgétaires conduits les gouvernants à revoir progressivement à la baisse ces parachutes sociaux. Notons au passage qu’il en est de la pauvreté comme des températures : il y a la pauvreté réelle, et la pauvreté ressentie. La pauvreté ressentie est celle qui consiste à s’estimer pauvre alors qu’on dispose de plusieurs voitures et de multiples smartphones par foyer, qu’on part en vacances une ou plusieurs fois par an, éventuellement à l’autre bout du monde. Cette impression de pauvreté est la conséquence de comparaison avec plus riche que soi. Comme le disait Schopenhauer, « l’homme oscille entre la frustration de désirs inassouvis et l’ennui ressenti lorsque le désir est assouvi ».
Le chômage, et l’intuition qu’il est impossible à résorber malgré les promesses des gouvernements successifs sont générateurs d’angoisse : ceux qui ont un emploi craignent de le perdre un jour au gré d’un dépôt de bilan ou d’une restructuration, et ceux qui en cherchent n’ont pas le sentiment qu’il « suffit de traverser la rue » pour en trouver un, entre autres motifs à cause d’une inadaptation de l’offre à la demande.
Cette angoisse ne demande qu’à se transformer en ressentiment à l’égard des gouvernants, et des “riches”. (riches entre guillemets, parce que cette notion de “riche” est tout sauf objective. L’envie joue son rôle dans la perception de la richesse des autres...)
 
Et c’est là qu’interviennent les populistes :
Ils commencent en général leur travail de sape de la démocratie libérale par la déclaration suivante : « Vos élus et les élites en général ont confisqué la parole du peuple. Ils n’appliquent pas la volonté du peuple. Et moi, je vous rendrai la parole parce que je ne fais pas partie de cette clique. Je suis le peuple ». Peu importe finalement que celui qui affirme ça soit un milliardaire (je pense à Trump) : il met en avant sa réussite personnelle pour démontrer qu’il est un “WINNER” et que son intelligence remarquable doit être mise au service du pays. (les guillemets à intelligence remarquable sont sous entendus...).
Ensuite, ils désignent des responsables : des étrangers qui « viennent manger le pain des nationaux », des « politiciens corrompus au service de groupes ethniques étrangers ou de multinationales », « une Europe coûtant très cher aux citoyens sans leur rendre service », « une élite bureaucratique plus soucieuse de prolonger sa rente de situation que du bien être du peuple », etc.…
Et ils indiquent dans leurs programmes électoraux des solutions simples : fermer les frontières aux migrations et ou aux produits étrangers (le mur sur la frontière mexicaine pour Trump, le BREXIT pour Nigel FARAGE, cet animateur radio devenu homme politique, Bepe GRILLO en Italie, cet humoriste créé un blog et assoie petit à petit sa popularité sur une défense des consommateurs,…).
Alexis de Tocqueville a formulé ainsi ce danger du simplisme : « une idée fausse mais simple, ira toujours plus loin qu’une idée vraie mais complexe ».
Tous utilisent le mensonge comme arme, appliquant le principe attribué à Francis BACON : « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. » Trump avait accusé OBAMA d’avoir utilisé un certificat de naissance falsifié et de n’être donc pas américain, donc éligible, Bepe GRILLO a présenté sur son blog une prétendue lettre reçue de Benoit XVI, FARAGE a avoué après le référendum sur le BREXIT avoir menti aux électeurs sur le coût net réel de l’Europe pour la Grande Bretagne, l’entourage de François Fillon, a été supposé responsable du lancement de la rumeur de l’homosexualité d’Emmanuel MACRON, visant assez maladroitement à le discréditer (https://www.linternaute.com/actualite/politique/1343638-emmanuel-macron-homosexuel-le-lobby-gay-la-rumeur-decryptee/).
 
Le problème désormais, avec les réseaux sociaux qui servent de caisse de résonance, c’est qu’un mensonge sensationnel aussitôt lancé se propage à grande vitesse. Les populistes sont conscients de cela, et ils usent et abusent de ce média. Trump est capable de dire une chose à une conférence de presse après une entrevue avec un chef d’état, et de dire ensuite le contraire sur son compte Twitter. Il utilise Twitter pour propager ses idées, et une certaine télévision à ses ordres, mais quand des TWITT ou des médias le contredisent, il se plaint du complot ourdi contre lui par ses détracteurs.

J'invite les lecteurs du présent article à lire la suite dans le texte le livre de Yasha MOUNK car je ne suis pas doué dans l'art du résumé 😕