Yasha MOUNK LE PEUPLE CONTRE LA DEMOCRATIE
Notes de lecture sur l'introduction
Introduction
Le populisme d’extrême droite croît dans toutes les démocraties.
Les leaders de ces mouvements prétendent tous que les solutions à apporter aux problèmes sont beaucoup plus simples que ce que les personnalités politiques bien établies voudraient nous faire croire.
Selon eux, la grande masse des gens ordinaires savent d’instinct ce qu’il conviendrait de faire et si la pure voix du peuple prévalait, les raisons du mécontentement populaire disparaîtraient.
Si les problèmes politiques de notre temps sont si faciles à régler, il faut que quelqu’un soit à blâmer.
Les populistes ne se privent pas de blâmer :
Leur première cible se situe en général à l’extérieur des frontières.
Trump impute les problèmes économiques des états unis à la Chine.
Il attise les peurs de ses concitoyens en soutenant que l’Amérique serait envahie de violeurs (mexicains) et de terroristes (musulmans).
Le Pen et Farage considèrent que ce doit être la faute des étrangers (pique-assiettes arabes et plombiers polonais). Comme Trump, ils reprochent aux élites politiques (les bureaucrates de Bruxelles et les médias à leurs ordres) leur échec à remplir les promesses qu’elles avaient formulées.
On considère que notre régime politique est la démocratie libérale. démocratie parce que le peuple (démos) décide, et libérale, parce que les institutions protègent les minorités (ethniques, religieuses,...) contre l’éventuelle tyrannie de la majorité.
Une démocratie n’est pas seulement un état dans lequel les citoyens sont appelés régulièrement aux urnes. Elle n’est réelle que si des institutions judiciaires (cour suprême aux états unis, conseil d’état et conseil constitutionnel en France) permettent des recours contre les éventuels abus de la majorité via ses lois, ou ses administrations.
LES CIRCONSTANCES ET LEUR EXPLOITATION PAR LES POPULISTES VIA DIVERSES ARMES
Yasha MOUNK étudie principalement le populisme américain, via l’exemple TRUMP. Mais il le rapproche également d’exemples européens.
Il dégage de grandes constantes:
Le simplisme, qui consiste à proposer au peuple des solutions simples aux grands problèmes complexes de ce monde. En effet, le monde est devenu extrêmement complexe aux plans économiques, écologiques, démographiques, migratoires, technologiques… L’effet papillon ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_papillon) est possible dans tous ces domaines et il est difficile d’apprécier dans un environnement complexe toutes les conséquences d’un acte isolé. ‘exemple :en voulant protéger son industrie automobile, la France taxe fortement les importations de Corée. Effet induit non souhaité : les Coréens envisageaient d’acheter un TGV, ils ne consultent pas la France et se tournent vers l’Allemagne ou la Chine. Notre industrie du TGV est en difficulté et perd des emplois peut-être en nombre supérieur à ceux sauvés dans l’industrie automobile en ralentissant l’importation de voitures coréennes.
Tant que la croissance économique était là, ces problèmes existaient peu, ou n’étaient pas perçus. On a longtemps cru que l’on pouvait se servir impunément à volonté sur la planète, même si depuis longtemps des écologistes de la première heure tiraient les sonnettes d’alarme. On a longtemps considéré que la croissance indéfinie était possible, et cette croissance permettait à chaque génération de vivre mieux que la précédente.
Mais depuis la fin des trente glorieuses (Trente_Glorieuses wikipedia), la croissance est devenue stagnation dans les pays riches, et n’a plus pallié les évolutions du monde. Les emplois industriels se sont déplacés vers des pays à coût de main d’œuvre inférieur, et le vieux monde (Europe, États Unis) s’est rabattu sur le tertiaire, plus adapté au niveau d’éducation de sa population.
L’effet positif du déplacement des emplois industriels vers ce qui était le tiers monde a été la forte diminution de la faim dans le monde.
L’effet négatif a été que la croissance s’étant déplacée du premier monde vers les pays dits émergents rendus libres par la décolonisation, un chômage endémique s’est installé en France, et plus ou moins partout dans le vieux monde (on dit aussi”premier monde”).
Ce chômage est générateur de pauvreté, malgré les palliatifs plus ou moins puissants mis en place.
Et la recherche d’équilibres budgétaires conduits les gouvernants à revoir progressivement à la baisse ces parachutes sociaux. Notons au passage qu’il en est de la pauvreté comme des températures : il y a la pauvreté réelle, et la pauvreté ressentie. La pauvreté ressentie est celle qui consiste à s’estimer pauvre alors qu’on dispose de plusieurs voitures et de multiples smartphones par foyer, qu’on part en vacances une ou plusieurs fois par an, éventuellement à l’autre bout du monde. Cette impression de pauvreté est la conséquence de comparaison avec plus riche que soi. Comme le disait Schopenhauer, « l’homme oscille entre la frustration de désirs inassouvis et l’ennui ressenti lorsque le désir est assouvi ».
Le chômage, et l’intuition qu’il est impossible à résorber malgré les promesses des gouvernements successifs sont générateurs d’angoisse : ceux qui ont un emploi craignent de le perdre un jour au gré d’un dépôt de bilan ou d’une restructuration, et ceux qui en cherchent n’ont pas le sentiment qu’il « suffit de traverser la rue » pour en trouver un, entre autres motifs à cause d’une inadaptation de l’offre à la demande.
Cette angoisse ne demande qu’à se transformer en ressentiment à l’égard des gouvernants, et des “riches”. (riches entre guillemets, parce que cette notion de “riche” est tout sauf objective. L’envie joue son rôle dans la perception de la richesse des autres...)
Et c’est là qu’interviennent les populistes :
Ils commencent en général leur travail de sape de la démocratie libérale par la déclaration suivante : « Vos élus et les élites en général ont confisqué la parole du peuple. Ils n’appliquent pas la volonté du peuple. Et moi, je vous rendrai la parole parce que je ne fais pas partie de cette clique. Je suis le peuple ». Peu importe finalement que celui qui affirme ça soit un milliardaire (je pense à Trump) : il met en avant sa réussite personnelle pour démontrer qu’il est un “WINNER” et que son intelligence remarquable doit être mise au service du pays. (les guillemets à intelligence remarquable sont sous entendus...).
Ensuite, ils désignent des responsables : des étrangers qui « viennent manger le pain des nationaux », des « politiciens corrompus au service de groupes ethniques étrangers ou de multinationales », « une Europe coûtant très cher aux citoyens sans leur rendre service », « une élite bureaucratique plus soucieuse de prolonger sa rente de situation que du bien être du peuple », etc.…
Et ils indiquent dans leurs programmes électoraux des solutions simples : fermer les frontières aux migrations et ou aux produits étrangers (le mur sur la frontière mexicaine pour Trump, le BREXIT pour Nigel FARAGE, cet animateur radio devenu homme politique, Bepe GRILLO en Italie, cet humoriste créé un blog et assoie petit à petit sa popularité sur une défense des consommateurs,…).
Alexis de Tocqueville a formulé ainsi ce danger du simplisme : « une idée fausse mais simple, ira toujours plus loin qu’une idée vraie mais complexe ».
Tous utilisent le mensonge comme arme, appliquant le principe attribué à Francis BACON : « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. » Trump avait accusé OBAMA d’avoir utilisé un certificat de naissance falsifié et de n’être donc pas américain, donc éligible, Bepe GRILLO a présenté sur son blog une prétendue lettre reçue de Benoit XVI, FARAGE a avoué après le référendum sur le BREXIT avoir menti aux électeurs sur le coût net réel de l’Europe pour la Grande Bretagne, l’entourage de François Fillon, a été supposé responsable du lancement de la rumeur de l’homosexualité d’Emmanuel MACRON, visant assez maladroitement à le discréditer (https://www.linternaute.com/actualite/politique/1343638-emmanuel-macron-homosexuel-le-lobby-gay-la-rumeur-decryptee/).
Le problème désormais, avec les réseaux sociaux qui servent de caisse de résonance, c’est qu’un mensonge sensationnel aussitôt lancé se propage à grande vitesse. Les populistes sont conscients de cela, et ils usent et abusent de ce média. Trump est capable de dire une chose à une conférence de presse après une entrevue avec un chef d’état, et de dire ensuite le contraire sur son compte Twitter. Il utilise Twitter pour propager ses idées, et une certaine télévision à ses ordres, mais quand des TWITT ou des médias le contredisent, il se plaint du complot ourdi contre lui par ses détracteurs.
J'invite les lecteurs du présent article à lire la suite dans le texte le livre de Yasha MOUNK car je ne suis pas doué dans l'art du résumé 😕
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