jeudi 19 mai 2022

Les actionnaires français se gavent-ils ?

 

Les actionnaires français se gavent-ils et faut-il pendre les bourgeois à la lanterne?

En préambule, un lien vers un tableau Excel qui calcule le rendement moyen des actions du CAC 40, avant impôts Rendement cac 40 2021. Conclusion: en moyenne pondérée, 2,57% de la capitalisation boursière.

Je fais partie de ces « sal.....ards » qui mettent une partie de leurs économies en bourse, je le dis tout de suite avant qu'on m'agresse en me le jetant à la figure au lieu de lire ce que j'écris.

J'en ai un peu marre que des gros titres racoleurs déclenchent la colère, voire la haine de certains citoyens à l'égard de la bourse.

Alors, je monte au créneau, pour l'éducation des « gens » de Mélenchon, s'ils lisent ça, et pour donner quelques arguments à ceux qui pensent comme moi.

Voici le lien vers la page de BOURSORAMA qui indique les rendements 2021 pour les actions éligibles au SRD. Rendements classés/SRD  pour actualiser l’article écrit en 2018. Cliquer sur filtrer pour bien actualiser le tableau.


« Dernier » correspond au dernier cours de l'action.

« Var», c'est la variation par rapport au cours de la veille.

« Div N-1», c'est le montant en € du dividende versé aux actionnaires, avant prélèvements fiscaux( csg, crds et prélèvements sociaux, 17,2% ). et impôt sur le revenu (12,8%forfaitaire à partir de 2018, sans abattement), soit 30% en tout.

« Rend N-1 » C'est le % calculé en divisant le dividende exercice 2017 par le cours du jour de l'action.

Les div N et rend N sont basés sur le dividende prévu pour N ou décidé, s'il l'est déjà.

Pour N+1, on est dans la prévision pure, donc encore plus aléatoire que N.


Et qu'est-ce que je vois sur ces pages de Boursorama (Société générale) ?:


Elle indique les dividendes et rendements des actions du SRD (Service de Règlement Différé) . C'est à dire qu'on a là un échantillon beaucoup plus large que le CAC 40 (40 actions les plus significatives de la bourse de Paris) ou du SBF 120 (les 120 plus significatives). C'est quasiment la totalité des actions cotées en bourse, hors second marché. A classer par rendement N-1 décroissant.

La première page, ci après, montre des rendements (avant impôt) de 7,38 % pour la meilleure, NEOPOST (activité de commercialisation de machine s à affranchir).

Avant impôts. Donc, en 2018, celui qui percevrait 1,70 € payerait 30% d'impôts, soit 0,51 €. Il lui resterait, net d'impôt 1,19 €, soit 5,16% de rendement.


Rappel : rendement n'est pas rentabilité, car pour la rentabilité, il faut tenir compte de l'évolution du cours, (et des frais sur transactions). Si en 2018, l'action monte de 15% par rapport au cours au premier janvier, la rentabilité avant impôts est de 15% de progression, plus 7,38 % de dividende, soit 22, 38%.

Voilà un chiffre proprement scandaleux (ironique) quand les livrets A sont rémunérés au taux de 0,75% (taux confirmé jusqu'en février 2020, baissé à à.50 %, puis remonté à 1 % au 1er février 2022)

Bon.

Avec les impôts que supportent les dividendes et la plus value, la rentabilité baisse bien sûr.

A compter de 2018, c'est la flat tax de 30% (critiquée par les anti capitalistes) qui s'applique aux plus-values comme aux dividendes, sauf option contraire du contribuable, qui peut soumettre ces revenus à l'impôt dans sa tranche marginale.


Donc, mon actionnaire qui a gagné en tout 22,38% de sa mise, n'en conserve que 70%, soit 15, 66% de sa mise. Et 6,72% de ses gains vont participer au financement de la collectivité.

Mais dans mon exemple, cet actionnaire est chanceux : son action a progressé de 15%. Et cet exemple est loin d'être représentatif de toute la bourse. (voir ci après cac 40 sur 10 ans).

Il est évident à tous que celui qui a acheté des actions du CAC 40 en 2012 pour les revendre en 2018 a obtenu, grâce à l'évolution du cours, un très bon rendement. Mais celui qui a acheté en 1998 a un rendement de 10% sur 10 ans, ce qui ne fait même pas 1 % par an.( les matheux me comprennent).

Je me suis éloigné du sujet DIVIDENDES en parlant de l'évolution des cours, mais c'est pour conclure que le dividende, même si les sociétés essayent de le garder à peu près constant pour fidéliser leurs actionnaires, n'est pas la seule variable à prendre en compte pour juger de la rentabilité des actions. Il y a un risque. Un gros risque à placer son argent en bourse. C'est pour ça que tout le monde n'y va pas.

Bien Sûr, Mamy foldingue (comme disaient les guignols à propos de Mme Béthencourt) voit de grosses sommes tomber dans son escarcelle tous les ans. Mais c'est un cas exceptionnel. Et sauf défiscalisation massive par des procédés condamnables qui me dépassent et contre lesquels il est très difficile de lutter, elle contribue aussi largement aux finances collectives : 30% des dividendes de Mme Béthencourt, ça doit bien boucher un trou quelque part dans les finances publiques quand même. Non?   

Pour en revenir aux dividendes, remarquez bien qu'à partir de la page 5 sur 20 du tableau des rendements par actions, ce rendement tombe à zéro pour les actionnaires. Pas de dividendes du tout. Ni en 2017 ni prévus.… (page 8 sur 20 à ce jour, 19/05/2022).

Donc, la bourse n'est le jackpot garanti pour personne. Ça se saurait et il y aurait plus de monde pour y placer des sous.

C'est toujours facile d'émouvoir les foules en mettant en avant des sommes dépassant même leur pouvoir de conception : 54,3 milliards d’euros en 2016. (57 milliards en 2021) Facile de susciter des réactions du genre « y'a qu'à prendre aux riches, c'est indécent ».

Primo : Si on leur en prend 30% en impôts (je laisse de côté encore l'évasion fiscale qui est un autre problème), ça fait un joli petit pactole pour les finances publiques.

Deuxio : le montant en euro des dividendes versés à l'ensemble des actionnaires est une chose. Mais le rendement en % pour tous ces actionnaires est une information trop souvent occultée.( Je rappelle:2,57% en moyenne pondérée sur le CAC 40 EN 2021)

Tertio : Le risque lié à ce genre de placement est aussi occulté. Mais lorsqu'on fait une augmentation de capital chez Alstom, parce qu'on a besoin d'investir pour créer de nouveaux TGV, il faut bien se demander si les actionnaires vont mettre de l'argent là-dedans ou s'ils vont craindre de perdre leur mise. Si ces dividendes réguliers donnent à Alstom les moyens d'investir en entretenant la confiance des investisseurs, ça va bénéficier à l'emploi, qui sera maintenu ou augmenté, à la balance des paiements.

Si les actionnaires potentiels ont peur, il faudra emprunter aux banques, et là, le coût est certain.

Quarto, pour finir : si les entreprises françaises distribuent plus de dividendes que les autres dans le monde (ce qui est le cas en 2016. voir : https://www.20minutes.fr/economie/2017791-20170221-france-plus-gros-payeur-dividendes-europe), c'est que faute de fonds de pension en France pour nourrir la bourse en argent frais, il faut attirer les investisseurs avec des dividendes plus élevés.

Alors quelle est ma conclusion ?

La bourse est un lieu où les sociétés peuvent trouver du financement, et les épargnants un moyen de placer leurs économies. En soi, un tel marché est tout à fait nécessaire au fonctionnement de l'économie capitaliste. Ce qui est nuisible, c'est le comportement de certains qui évitent de payer l'impôt sur les revenus générés, ou qui font flamber les cours artificiellement (et replonger un jour, donc) par leurs spéculations. Mais ça, c'est une autre histoire que le montant des dividendes versés, que je ne trouve absolument pas choquant en lui-même.

J'espère que le présent article aura permis à certains de revoir leur préjugé sur ce sujet ou à d'autres, de se forger des arguments pour répondre aux moralistes anti capitalistes.





 




 

jeudi 4 février 2021

Les présidences de la Veme République.

Tentative de résumé historique partial

(ou pourquoi je soutiens Macron et son gouvernement)

(12/08/2020)


De Gaulle (1959-1969), élu sur la base de la popularité issue de sa position pendant la guerre. Mais qui a promis que l'Algérie resterait française, et a tout fait pour, y compris des erreurs terribles qu'un autre est obligé de reconnaître maintenant. 

DUTRONC chante en 1966 « 800 millions de petits chinois, et moi, et moi... »


Pompidou (1969-1974) : digne héritier du précédent, ex banquier chez Rothschild (tiens, tiens?), qui se prend le premier choc pétrolier en plein mandat, en 1973. Pompidou termine son mandat avec 420 000 chômeurs, 2,7% de la population active.


VGE (1974-1981) : Il est ex ministre des finances et nous choisissons donc un technocrate qui va réussir à sortir la France de l'ornière. Enfin, c'est ce qu'on croit et qu'on espère...Mais la mondialisation commence à se profiler : Alain PEYREFITTE avait écrit « quand la chine s'éveillera », en 1973, et le présent lui donne raison. Bah oui, ils prennent leur place dans le monde « civilisé» les petits chinois... Alors il gère comme il peut VGE. Il nomme comme premier ministre un professeur d'économie, Raymond Barre, technicien au franc parler : «  pas de canards boiteux » au sujet des entreprises qui ne réussissent pas à survivre par elles-mêmes . Il considère que la loi du marché doit fonctionner et qu'il est inutile de mettre sous perfusion (de l'impôt) les branches d'économie qui vacillent. La croissance est bonne (assise sur le développement du tertiaire) et on la surveille comme si elle était le seul indicateur de la bonne voie. On découvrira plus tard qu'elle est le miroir aux alouettes de notre société du « toujours plus ». Et que le filet qui guette les alouettes que nous sommes, c'est la dégradation de la planète....Le nucléaire, technologie disponible, est choisi comme palliatif de l'augmentation des prix du pétrole et l'accent est mis sur son développement. Personne à l'époque ne veut suivre l'avis les physiciens qui crient casse-cou en 1975 (appel des400), et il faut bien avouer que nous sommes tous bien contents de disposer d'une électricité qui ne provoque pas d'émission de Co² et ne coute pas trop cher (pas assez?).

VGE est reconduit dans son mandat de président lors des élections de 1974, grâce à son célèbre « vous n'avez pas le monopole du cœur » qui déstabilise son opposant, François Mitterrand.

Président de 1974 à 1981, il ne peut empêcher l'augmentation du chômage (1 589 100 en octobre 1980), et ça provoque sa défaite de 1981.


Mitterrand (1981-1995): La gauche socialiste, unie aux communistes grâce au grand art politique de FM a réussi à conquérir le pouvoir. Et là, c'est la fête. Enfin débarrassé du grand "KKKâpital", le peuple va enfin être heureux....Gouvernement MAUROY. Augmentation du SMIC de 10% et des alloc de 25%. Nationalisation des banques...Puis, « Badaboum... » : Après le triplement du déficit budgétaire, et l'envolée de l'inflation qui mange toutes les augmentations données, premier « plan de rigueur » en 1983. La fête est finie, il faut se serrer la ceinture...Mais pour faire avaler la pilule de la rigueur, abaissement cette même année de l’âge de la retraite de 65 ans à 60 ans. (C'est en fait tenter de traiter un problème actuel en en créant un nouveau pour l'avenir, communément appelé "refiler la patate chaude aux générations suivantes")

Mitterrand, vu son histoire personnelle, est un précurseur du « ni gauche ni droite ». Il est obligé de faire un premier virage « à droite ». (La rigueur serait donc une notion « de droite »?) En 1986, la droite remporte les élections législatives, Chirac devient premier ministre. Le concept de « et gauche et droite » est officiellement inauguré.

A partir de là, Chirac gère, et FM inaugure. Sacré chrysanthèmes quand même : Musée d'Orsay, institut du monde arabe, pyramide du Louvre…, autant de beaux projets menés à bien.

1988 : élections présidentielles, Chirac tente de déstabiliser Mitterrand en rapportant devant caméras un désaccord que Mitterrand nie. Chirac le met en demeure de nier ce qu'il vient d'affirmer. Et l'autre, non sans ciller, répond « les yeux dans les yeux, je vous le dis, je n'ai pas... ». Quel aplomb ! Chirac est déstabilisé, KO debout, et perd sans doute les élections en partie à cause de cela.

Mais Mitterrand au cours de son second mandat est plus « rigoureux » :il invente la CSG en même temps que le RMI. ROCARD, premier ministre est obligé de gouverner à coup de 49.3, faute d'avoir une majorité absolue à l'assemblée. Ecarté par Mitterrand qui le craint, il est remplacé par Edith Cresson: tentative de féminisation du gouvernement, rapidement abandonnée (10 mois et demi). BEREGOVOY, vieux compagnon fidèle de FM, reprend le flambeau. C'est un homme simple, sans formation d'études supérieures, mais semble-t-il muni d'une éthique rigoureuse qui le conduit au suicide après sa mise en cause dans une affaire de corruption. Rattrapé par une imprudence de son passé?

En 1993, la droite remporte les législatives, et on repart pour une cohabitation. C'est BALLADUR qui s'y colle. On détricote ce qui a été fait : privatisations. Cahin-caha , on arrive aux élections présidentielles de 1995. Nombre de chômeurs fin 1995 : 2,9 millions.


Chirac (1995-2007) :

Il remporte les élections présidentielles avec 52,6% contre JOSPIN.
Du coup, la réforme ambitieuse de la sécurité sociale et des retraites est contestée massivement et en partie abandonnée. Il tente une manœuvre de dissolution de l'assemblée nationale pour tenter d'avoir une majorité, mais il est désavoué par le scrutin, et se retrouve a refaire une cohabitation, avec inversion des rôles : c'est Lionel JOSPIN qui tient le rôle de premier ministre. De 1997 à 2002. Ils essayent bien de faire bonne figure à deux, en Europe, mais ça coince entre les deux hommes. Le « et gauche et droite » ne pourrait donc pas être bicéphale?...Mon opinion personnelle est que non, car les dogmes figent les positions sur lesquels l'un et l'autre s'arc-boutent. La synthèse entre valeurs de droite et de gauche ne peut se faire que dans un seul esprit, capable de prendre en compte des valeurs qui en apparence s'opposent.

En 2002, Chirac gagne les présidentielles face à Le PEN, qui n'a cessé de profiter des circonstances pour se présenter comme le sauveur, et gagner du terrain. Chirac commet l'erreur de ne pas associer les socialistes à son gouvernement. Et la France se trouve à nouveau paralysée par les conflits sociaux. Il termine son second mandat en 2007 avec 3,847 millions de chômeurs.


SARKOZY (2007-2012)

Il est élu en 2007, face à une Ségolène Royale, vainqueur de la primaire à gauche, mais lâchée par les autres socialistes. L'idée du « et gauche et droite » est en germe derrière son « tous ensemble, tous ensemble » crié en meeting dans une théâtralité qui lui a sans doute été nuisible.

Avocat d'affaires, Sarkozy est au fait des questions micro-économiques, et titulaire d'un mandat de maire depuis des années, il sait ce qu'est la gestion d'une structure administrative.

On lui reproche immédiatement ses amitiés du grand capital, son goût du « bling-bling ». Il est décrédibilisé immédiatement en tant que président de tous les Français.

Il doit faire face à la crise financière des subprimes, en 2008, et la crise financière dans la zone Euro qui en découle.

Il réforme partiellement le régime des retraites, visant à se rapprocher de l'équilibre financier, malgré des manifestations en septembre 2010. L'âge de la retraite est repoussé à 62 ans.

Des « affaires » plombent également son septennat, et il est cependant choisi par son camp pour se présenter aux élections de 2012. Son mandat s'achève avec une dette de 80% du PIB et 5,562 millions de chômeurs.


HOLLANDE (2012-2017)

Il est élu avec 51,6% des suffrages. Il commence son mandat par une augmentation de la fiscalité. Sa taxe à 75% des revenus les plus élevés est considérée dans certaines presses comme une démagogie anti-riches et le conseil constitutionnel retoque la mesure envisagée, au nom du principe de l'égalité devant l'impôt. Puis il effectue un virage social libéral. Confronté à de très faibles intentions de vote et au risque d'échec , il renonce à se porter candidat à un second mandat, ce qui constitue une première sous la cinquième République. Il se tient en retrait lors de l'élection de 2017, n'apportant pas son soutien lors de la primaire de gauche au candidat du Parti socialiste, Benoît HAMON, vraisemblablement par rancœur personnelle après l'épisode des frondeurs.

Il quitte donc l’Élysée en 2017, laissant à son successeur 6,610 millions de chômeurs et une dette de près de 100% du PIB.


Le lecteur pourra trouver d'excellentes illustrations des propos ci-dessus sur le site suivant :

http://france-inflation.com/dette_publique_france_1950.php



Le constat

Constante remarquée dans ces différents mandats, « de gauche » et « de droite » :


Le chômage n'a cessé d'augmenter, ainsi que la dette publique.

Je ne conclus pas de cette progression inexorable du chômage et de la dette publique que les présidents successifs étaient tous incompétents, ou uniquement motivés par l'attrait du pouvoir et de ses fastes. Encore moins qu'ils étaient « tous pourris ».

Tous ces mandats ont été également l'occasion de progrès sociétaux (Droit à l'IVG, disparition de la peine de mort, PACS, mariage pour tous, etc). Ils ont également permis de belles réalisations (institut du monde arabe, AIRBUS et autres). Ils ont été l'occasion d'erreurs, faciles à voir à posteriori, comme l'engagement dans le tout nucléaire, qui a semblé la meilleure solution compte tenu des technologies disponibles à ce moment-là. Chacun pourra voir le positif de tous les mandats successifs en regardant les fiches WIKIPEDIA dont les références sont jointes.


Alors, laissons de côté la vision partisane, qui consiste à extraire chaque action présidentielle de son contexte pour dire : « ah, vous voyez, il avait tort, donc la gauche se trompe tout le temps »..

Ou au contraire « la position d'untel en telle année montre que la droite n'est bonne à rien pour le peuple ».

Si on admet que les gouvernements successifs n'étaient ni complètement incompétents, ni animés de mauvaises intentions vis-à-vis du peuple, pourquoi le chômage et la dette ont-ils progressé inexorablement ?

L'explication

Mon explication, qui me semble triviale, est la suivante : Le tiers monde a voulu, à juste raison, sa part du gâteau. Tous les peuples de la terre veulent cesser de mourir de faim, ou d'à peine survivre pour que les niveaux de vie occidentaux, premiers pollueurs de la planète restent les mêmes.

L’Asie a déjà pris sa place, par une guerre économique qui a permis qu'elle ne meure plus de faim. L'Afrique et le moyen-orient réclament leur place pacifiquement, avec les migrations, ou violemment, sous forme de guerre habillée de religion par des manipulateurs fondamentalistes.

L'Amérique du sud se débat encore dans des guerres idéologiques teintées de corruption. Ce continent est devenu le plus grand fournisseur des drogues qui permettent au peuple du continent voisin du Nord de supporter ses contradictions.

Les réponses du Nord et de l'occident à la révolte des colonisés exploités d'hier est multiple : depuis l'aide au développement jusqu'à à la guerre visant à la réappropriation des ressources de matières premières.

Et la France, dans tout ça ?

Ma conclusion

Des observations combinées de l'évolution du monde depuis la dernière guerre mondiale, et du comportement de nos gouvernants pendant la cinquième République, je conclus ceci :

La droite et la gauche se sont succédé, souvent avec alternance. L'alternance montre que le peuple français pris dans son ensemble n'est pas dogmatique. On lui a offert trop longtemps un choix réduit entre des partis de gauche et de droite, ce qui a polarisé son esprit, en même temps que la vie politique. Il peut voter majoritairement à droite ou à gauche. J'ai bien l'impression que les Français sont surtout allergiques aux réformes parce que l'environnement est changeant, et que ça leur fait peur. Les Français veulent conserver les avantages acquis sur le dos du tiers monde, alors que le tiers monde veut sortir du marasme. (En est sorti partiellement)

Un flux continuel d'informations anxiogènes alimente la peur, et la tentation du repli sur soi.

Au plan politique, les changements du monde et l'anxiété que cela génère profitent aux démagogues de tous bords, qui surfent sur la vague des craintes. Ces "populistes" montent en puissance partout, reprochant aux gouvernants d'être corrompus (des faits isolés leur permettent hélas de généraliser), incompétents (comme si un politicien avait le pouvoir magique de décider seul de l'évolution du monde).

Économie : mondialisation , grandes poches d'extrême pauvreté sur la planète, y compris en France, chômage en progression inexorable en France.

Démographie : augmentation de la population mondiale, qui grâce à la circulation de l'information (dans les démocraties, et même dans les pays soumis à dictature) se fait une idée de ce qui se passe ailleurs..

Politique internationale : des guerres, des migrations qui fuient les guerres et la misère, une institution Européenne dont les bienfaits sont vite oubliés, tant certains soulignent à dessein plus les gênes qu'elle occasionne par moments à certains que les progrès qu'elle apporte, pour tous.

Tout cela génère chez beaucoup d'individus la crainte de ne pas pouvoir s'adapter. Et certains ne voient comme solution que le repli sur soi, comme une tortue rentre la tête dans sa carapace, ou comme l'autruche qui met sa tête dans le sable (c'est une légende mais ça parle à tout le monde, comme beaucoup de légendes).

La stabilité, la sécurité, on les obtient beaucoup plus facilement avec une dictature qu'avec une démocratie. Mais « en même temps », heureusement, le peuple est attaché à sa liberté, à celle de la presse, et à l'indépendance de la justice.

Dans sa grande sagesse, la majorité (même s'il n'y a pas eu beaucoup de participation au second tour de la présidentielle de 2017), a donc choisi un « ni gauche ni droite », ou un « et gauche et droite », comme on voudra dire, bref au centre. En la personne d'un candidat jeune, (donc supposé non sclérosé par la vie politique), compétent en économie, cultivé en philosophie.

Ce jeune homme mène avec une volonté inébranlée les réformes nécessaires à la baisse de la dette publique. Depuis son élection, beaucoup de choses ont été faîtes et de grands chantiers sont ouverts pour continuer les réformes. Malgré les bâtons que les politiciens de l'ancien monde (celui qui était polarisé gauche-droite) lui mettent dans les roues. Une volonté ferme, mais aussi beaucoup de consultation, pour prendre en compte les avis de ceux qui veillent à l'accompagnement social des réformes. Ces derniers confondent hélas souvent la culture de l'avantage acquis avec les intérêts à moyen et long terme..

A droite comme à gauche, on peut trouver qu'on ne va pas assez loin dans le sens qui est le sien, l'impatience domine, et génère des reproches.

En ce qui me concerne, depuis le début de ce septennat, je constate que chaque pas fait par le gouvernement va dans ce que je trouve la bonne direction : arriver aux grands équilibres financiers, maintenir la protection sociale autant que possible, mieux préparer les Français aux évolutions du monde en les formant mieux, mieux rémunérer le travail et moins la rente (fût-elle de retraite, comme la mienne), …


Le Titanic, face à l'obstacle, il a viré (à bâbord toutes...) trop tard, il a déchiré sa coque sur toute la longueur et il a coulé. Il aurait viré à droite, ç’aurait été sans doute différent. Il aurait foncé dans l'obstacle, le choc aurait été plus rude, mais tous les caissons étanches n'auraient pas été inondés.

Dans cette image, le Titanic, c'est la France. L'iceberg, ce sont tous les obstacles qui se dressent devant elle. Et le capitaine, il n'est pas en train de dormir dans sa cabine, il est sur le pont et dirige la manœuvre, avec des seconds compétents. Les problèmes sont enfin regardés en face, et cela vaut mieux que des évitements trop tardifs.


PROSPECTIVE

Pour filer la métaphore du Titanic, il faut s'interroger sur le cap que donne le capitaine à ses seconds.

Actuellement, la politique avouée du gouvernement est une politique de rigueur, qui vise à prendre à bras le corps les grands problèmes de notre civilisation occidentale : chômage, déficit public et de libéralisation de l'économie pour favoriser l'initiative individuelle et entrepreneuriale.

C'est une étape nécessaire, pour que la France soit capable de continuer sa route, sans couler.

Mais sa route vers quoi ? Le capitaine dit pour l'instant qu'il faut retrouver de la croissance et que tout ira mieux.

MMMouiiiii..... ?????

J 'ai un doute là-dessus. Un gros doute. Pour ne pas dire une certitude : croissance pourquoi ? Pour qui ? De mon analyse ci-dessus, il découle que les pays sous développés en prenant leur part du gâteau, nous ont retiré beaucoup de nos emplois industriels. Ils font leur révolution industrielle, comme nous avons fait la nôtre. Donc, ils polluent de plus en plus, comme nous avons fait. Ils vont continuer, et nos exhortations à ne pas polluer plus, pour sauver la planète, n'y feront rien. Ils nous opposent un « et pourquoi pas nous ? » plein de bon sens et de justice tant qu'on est dans la logique « toujours plus de croissance, toujours plus de consommation ».

En libérant l'initiative individuelle, pour créer toujours plus nouvelles activités, on va créer de l'emploi, mais trop peu par rapport au nombre de chômeurs en France. L'intelligence artificielle arrive, et elle va encore supprimer des emplois qui existent encore aujourd'hui. Après la révolution industrielle, c'est la révolution numérique qui bouleverse notre économie.

Alors, alors....vers quoi naviguer, maintenant ?

La décroissance lente pour aller vers la sobriété de nos sociétés riches. En aidant le reste du monde à se développer, pour que les niveaux de vie s'égalisent dans le monde. C'est la loi du marché, unique , mondial, appliquée au niveau de vie : les niveaux de vie tendent à s'égaliser, du fait de la comparaison désormais possible (internet) par tous et partout.

Et bien sûr, si le gouvernement de la France, ou de l'Allemagne annonce que désormais, il faut faire décroître l'économie, la consommation, les peuples ne seront pas contents et se tourneront vers les extrêmes qui promettent inconsidérément n'importe quoi.

Donc, décroissance, et accompagnement social de cette décroissance pour atterrir en douceur.

L'accompagnement social, j'en vois un moyen, qui a été étudié par le think tank génération libre de Gaspard KOENIG. : le revenu universel. Nommé « Le LIBER ». https://www.generationlibre.eu/wp-content/uploads/2014/12/2014-Liber-Volume-I-_-GenerationLibre.pdf

Étude chiffrée de 94 pages sur une possibilité d'organisation d'un tel concept, dans le cadre d'une économie libérale.

Gaspard KOENIG ne considère pas E. Macron comme un libéral, mais comme un démocrate chrétien. Comme quoi, on trouve toujours plus radical que soi dans ses convictions.

https://www.capital.fr/economie-politique/macron-nest-pas-un-liberal-cest-un-democrate-chretien-1280527

Si je me souviens bien, Gaspard KOENIG a rencontré E Macron avant sa campagne électorale de 2017 pour lui demander d'intégrer son revenu universel dans son programme. E Macron aurait refusé à cause de la « valeur travail ». Erreur ? Ou bien, est-ce que donner le revenu universel immédiatement serait avoir raison trop tôt ? Donc, avoir tort...

Comme toujours, dans la prospective, on ne peut que faire des suppositions, affectées d'une plus ou moins grande probabilité.

Benoît HAMON a crié au pillage de ses idées et à la pâle copie quand le gouvernement a accolé le mot universel à son allocation unique à l'étude juste avant la crise COVID. Mais, c'était un premier pas, vers l'idée défendue par Gaspard KOENIG. Est-ce que E Macron a en tête d'instaurer un jour un revenu universel qui servirait d'amortisseur à la décroissance nécessaire, souhaitable, et inévitable ?

Je ne sais pas… Mais s'il ne prend pas ce virage après (en même temps?) celui de la remise en ordre des finances publiques, s'il continue de croire en la croissance comme remède à tous nos maux, il cédera sa place, pas forcément aux populistes, mais éventuellement à Benoît HAMON. À la condition que celui-ci révise sa copie du revenu universel, qui ne doit pas être une nouvelle charge contre « les riches », mais un nouveau contrat social.







Wikipédia sur VGE : https://fr.wikipedia.org/wiki/Val%C3%A9ry_Giscard_d%27Estaing#D%C3%A9buts_novateurs


Nombre de chômeurs en octobre 1980 et octobre 1981 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Val%C3%A9ry_Giscard_d%27Estaing#D%C3%A9buts_novateurs


Appel des 400 contre le nucléaire: https://journals.openedition.org/chrhc/214


Wikipédia sur Mitterrand :https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mitterrand#Premier_septennat_(1981-1988)


Wikipédia sur Jacques Chirac :https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chirac


Nombre de chômeurs en mai 2007 : https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/08/desaccord-entre-sarkozy-et-fabius-sur-le-nombre-de-chomeurs-qui-dit-vrai_1653745_1471069.html


WIKIPEDIA sur SARKOZY : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Sarkozy#Pr%C3%A9sidence_de_la_R%C3%A9publique_2



Wikipédia sur HOLLANDE: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Hollande



La dette publique en France : https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1041647-dette-publique/


 

mardi 2 février 2021

Déclaration de droits de l'homme de 1789, toujours en vigueur: lecture critique de l'article 1

Valeurs fondamentales incluses dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

(toujours en vigueur)


Préambule : cette déclaration a été rédigée dans un contexte historique révolutionnaire et est vieille de deux siècles et demi. Il est donc probable que la forme des affirmations qu’on y trouve soit très marquée par ce contexte, et prête à des interprétations abusives, hors contexte, aujourd’hui. Quant au fonds, il est aussi objet de méfiance de ma part, car des concepts nouveaux peuvent être nécessaires aujourd’hui pour définir les droits de l’homme, et des concepts anciens, peuvent nécessiter d’être toilettés avant application à notre société moderne.


Lecture critique

Art1 Les hommes naissent libres et égaux en droits.

Affirmation admissible telle quelle.

Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Distinction sociale : qu’est-ce que les rédacteurs ont voulu dire par là ? Comment transposer aujourd'hui?

L’utilité commune : Qui la définit ? Comment obtient un consensus sur l’utilité commune ?

Je préfère la rédaction de l’article 1 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 adoptée par l’assemblée générale des nations unies qui stipule :

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Je préfère cette rédaction parce qu’elle impose un devoir en même temps qu’elle établit un droit : le devoir d’agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. De ce devoir peuvent découler dans la loi toutes les infractions qu’on voudra relatives aux tentatives de rupture de l’égalité.(avantages liés à la fonction, évasion et fraude fiscale, statuts particuliers de retraite,..etc)

Par contre cet article utilise un présupposé : « Ils sont (les humains) doués de raison et de conscience. » Pour que ce présupposé devienne bien réel, il faudrait mettre à l’écart de la société qu’on cherche à régir les fous et ceux qui manquent de conscience. Pour les fous, il y a les asiles, qui devraient être un lieu de soins et/ou de mise l’écart selon le degré de dangerosité et de curabilité. Pour ceux qui démontrent par leurs actes qu’ils n’ont pas de conscience, il y a les prisons, qui devraient être un lieu d’éducation, et de réinsertion, dans la mesure du possible (obligation de moyens, mais pas obligation de résultat).

Conclusion sur l’article 1 dans la rédaction de 1948 :

On y trouve deux principes à mon sens fondamentaux :

L’égalité des droits à la naissance.

Le devoir d’agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Commentaire : L’égalité des droits à la naissance est un vœu pieux. Il ne suffit pas de la proclamer. On sait bien aujourd’hui que les déterminismes génétiques et sociaux font que les chances sont en fait inégales. C’est donc l’accès aux moyens disponibles pour corriger ces déterminismes qui doit être donné de façon égalitaire.

L’égalité est un concept ambigu qui peut, sans précision, être interprété comme un droit à tout niveler (y compris patrimoine et revenu). Or, dans une société libérale, ces différences de revenus et de patrimoine apparaissent forcément. Il me semble qu’inévitablement, du fait de la nature humaine, des émotions vont polluer la raison, et déterminer des comportements jaloux, et envieux qui sont contraires à l’obligation de fraternité. Même si les plus chanceux, qui ont réussi à obtenir un métier valorisant et rémunérateur appliquent le principe de fraternité en s’acquittant scrupuleusement des impôts, taxes et cotisations qui servent à financer la solidarité (mot plus connoté économie politique pour nommer une des manifestations possibles de la fraternité.), ça ne garantit pas que les moins chanceux ne deviendront pas envieux du statut, des revenus et du patrimoine des autres.

Plus simplement dit : celui qui perçoit des allocations de l’État, risque d'oublier vite que ces allocations viennent de l’impôt auquel contribuent plus fortement les plus « riches » que lui. Pareil pour le bénéfice de « gratuités » ( sur la santé). Et organisés en parti politique, les moins chanceux peuvent rechercher la confiscation du revenu ou du patrimoine qu’ils considèrent comme indécents. Les inégalités en cours de vie proviennent pour partie d’inégalités à la naissance, mais aussi d’inégalité des efforts fournis. ( voir la cigale et la fourmi, pour ne citer qu’une philosophie à laquelle tout le monde à eu accès).

Dernière remarque : L’ article 1 de la déclaration de 1948 réserve le droit à la dignité aux humains. Est-ce que le fait que cela ne soit pas encore atteint, bien que proclamé, justifie qu’on oublie nos amies les bêtes dans une déclaration de valeurs qu’on estime fondamentale ? Je ne pense pas, et l’humanisme inclut à mon sens la défense de tous les faibles contre les attaques des humains.

Je suis un viandard, mais je préférerais qu’on assassine proprement les bestioles que je consomme.😉



mardi 15 décembre 2020

Petit dictionnaire du populisme

Dictionnaire du populisme

 Les mots définis dans le présent (petit) dictionnaire sont d’abord définis dans leur sens commun, puis par rapport au sens qu’ils ont dans le cadre du populisme.

 ANGOISSE 

Larousse :Grande inquiétude, anxiété profonde née du sentiment d'une menace imminente mais vague.

 Populisme : C’est une des caractéristiques de l’état d’esprit de ceux qui se réfugient sous la protection d’un leader capable d’apaiser cette angoisse. L’angoisse de celui qui est séduit par le vote populiste trouve son origine dans plusieurs causes, bien réelles ou fantasmées : le changement de plus en plus rapide du monde fait craindre de ne pas pouvoir s’adapter aux évolutions inévitables du monde du travail. Les mouvements migratoires font craindre de voir la France envahie d’étrangers aux mœurs, aux cultures et aux religions différentes. La mobilité sociale intergénérationnelle n’est plus ce qu’elle était depuis la fin des trente glorieuses, et on s'angoisse autant, voire plus, pour ses enfants que pour soi-même.

 

BIAIS COGNITIF

Les biais cognitifs sont des façons rapides et intuitives de porter des jugements ou de prendre des décisions qui sont moins laborieuses qu’un raisonnement analytique qui tiendrait compte de toutes les informations.

Une multitude de biais intervenant dans plusieurs domaines ont été identifiés par la recherche en psychologie cognitive et sociale.

Populisme :

Le leader populiste peut compter sur plusieurs biais cognitifs pour développer la croyance en ses affirmations :

Le biais de confirmation (voir le lien PSYCHOMEDIA ci-dessous)

Le biais de croyance (idem)

L'effet de halo (idem)

L'excès de confiance (et l’effet Dunning-Kruger WIKIPEDIA)


Psychomedia 25 biais cognitifs


 CLASSE SOCIALE

 La définition que Karl Marx donnait de ce terme est d’une grande utilité quand on étudie le populisme:Karl Marx(1818-1883) définit les classes sociales par rapport à leur position et à leur rôle dans le processus de fabrication. En se fondant sur une vision antagoniste de la société et en s'inspirant de l'histoire, il a rassemblé les différents groupes en deux classes sociales principales : le prolétariat, classe dominée, et la bourgeoisie, classe dominante qui possède les moyens de production. Pour Karl Marx, une classe ne peut exister que si elle a conscience d'être une classe.

 Populisme : Le concept de classe sociale est inadapté pour cerner les suiveurs des leaders populistes. Ces derniers recrutent parmi presque toutes les strates de la population. Il n’y a plus de classes sociales homogènes comme bourgeoisie- prolétariat. L’individualisme a remplacé la conscience de classe et ce qui constituait le prolétariat est désormais un groupe hétérogène constitué de sous groupes aux intérêts opposés. Exemple : les salariés de la SNCF bénéficiant d’un régime de retraite particulier luttent contre l’abandon de leurs privilèges catégoriels et ne se soucient pas du fait que leurs avantages sont financés par tous les contribuables du pays relevant du régime de retraite général. Ainsi, les conflits sociaux portent désormais davantage sur des revendications catégorielles, et non pas sur les besoins d’une classe sociale.Les clivages sont multiples, pour ne pas dire infinis (salarié du privé et fonctionnaire, baby boomers et jeunes, citadins et campagnards, salariés et travailleurs indépendants, chômeur et travailleur,....)

CONFIANCE 

Wikipédia : « un état psychologique se caractérisant par l'intention d'accepter la vulnérabilité sur la base de croyances optimistes sur les intentions (ou le comportement) d'autrui » Citation : « Un oiseau sur un arbre n'a pas peur que la branche casse, car la confiance n'est pas dans la branche mais dans ses propres ailes. »

 Populisme : La confiance en autrui, dans les institutions, dans la justice, et même en soi baisse drastiquement depuis des années. L’appât du politique en quête d’élection, c’est de susciter la confiance en lui et en les solutions qu’il propose. L’homme qui n’a pas confiance en lui-même, en ses capacités à réagir aux changements de son environnement, veut se placer sous la protection d’un chef fort, et veut croire en les solutions simples ( simplistes) qu'il propose. 

 

 DÉMOCRATIE

 Les athéniens pratiquaient une démocratie ("demos" = peuple au sens de tous les citoyens de la cité et "kratein"=commander) directe. Les citoyens se réunissaient sur l'AGORA, discutaient et votaient les lois. Mais ils ne reconnaissaient pas la qualité de citoyens aux esclaves sur lesquels reposait le fonctionnement matériel de leur cité. (Au passage, rappelons que ces grands inventeurs de la démocratie écartaient aussi de l'AGORA les femmes, jugées inaptes.) Bien commode pour avoir le temps de réfléchir et palabrer, et donc aussi possible du fait du nombre limité de participants. La démocratie directe semble donc impossible à entretenir lorsque la population ayant le droit d'y participer devient trop nombreuse.

 Citation : Albert CAMUS : « la démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection des minorités. » L'écrivain philosophe visait là un écueil possible de la démocratie: la possible tyrannie de la majorité. exemple: la majorité est hétérosexuelle. Donc, on légifère pour pénaliser les homosexuels. La France ne dépénalise qu'en 1982 avec de s débats houleux à l’assemblée (Le monde)

Populisme : Démocratie est un mot valise ou mot caoutchouc, auquel chacun donne le sens qu'il veut. C'est un peu normal, puisque le mot démocratie désigne un processus en perpétuelle évolution, compatible avec diverses modalités pratiques: suffrage universel ou censitaire, direct ou indirect, scrutin majoritaire ou à la proportionnelle, référendum... Lorsque la démocratie directe est devenue impossible du fait de l’importance grandissante de la population, on a inventé la démocratie représentative, dans laquelle les citoyens ne votent plus les lois, mais élisent des représentants qui votent les lois. C'est notre système actuel. Internet a permis l'émergence d'un nouveau concept, la « cyber-démocratie », permettant la consultation et/ou le vote de citoyens très nombreux, et très dispersés géographiquement. Très tentante à priori, cette notion bute assez vite sur un obstacle dans une civilisation complexe comme celle du 21 eme siècle: si tous les citoyens doivent voter chaque loi, ils devront s'informer sur les conséquences de cette loi. Ils le feraient via les textes officiels (exposé des motifs contenus dans la loi elle-même), mais aussi via la presse, et s'ils sont consciencieux, via des livres de fond ayant traité du sujet. On voit immédiatement les difficultés et les dangers: la presse n'est pas forcément ( on pourrait aussi écrire "forcément pas") objective et donnera des informations tronquées ou carrément partisanes. Il faudrait que chaque votant en ait conscience et corrige ce biais en lisant des journaux de tendances partisanes opposées. Les partis politiques feront de même. Une question posée au peuple par référendum n'est pas non plus une garantie de décision éclairée guidée par la raison. Exemple type récent: le BREXIT. On a demandé au peuple britannique s'il voulait rester dans l'union européenne ou la quitter. Mais derrière cette question simple (simpliste?) se cachaient toute une kyrielle de questions complexes qu'il appartenait à chacun de se poser. Et il semblerait bien que la décision populaire ait été sacrément orientée par des journaux et des hommes politiques ayant menti ou simplement éludé des conséquences problématiques. Nous avons eu l'impression qu'au résultat du vote, la Grande Bretagne se réveillait avec la gueule de bois en disant "mais qu'avons nous fait? ". Le mot démocratie est souvent accolé à un autre, pour tenter de préciser. La "démocratie populaire" est un terme issu du lexique communiste un peu tombé en désuétude après l'effondrement de l'URSS. Il est opposé au terme "démocratie libérale" qui désigne le régime en vigueur dans les pays capitalistes. 

Selon certains auteurs, la démocratie libérale se caractérise par trois choses: 1. le peuple vote pour élire des représentants. 2. Des instances judiciaires supérieures surveillent les représentants élus en vérifiant la conformité des lois proposées ou votées à la constitution. En France, chaque citoyen peut saisir le tribunal administratif (qui sert de filtre aux demandes farfelues) en vue de demander au conseil constitutionnel son avis sur la conformité de telle ou telle loi, , ou décret. Nous sommes donc dans un régime politique de démocratie représentative libérale. Et c'est à ça que je pense quand j'emploie par raccourci commode le mot de "démocratie". 3. On organise soigneusement la séparation des pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire.4. Il existe une presse libre et indépendante capable de mettre sur la place publique des faits qui relèvent de la justice, mais dont elle n’a pas eu à connaître. La justice indépendante du pouvoir exécutif peut donc décider de se saisir des faits soulevés pour enquêter et poursuivre éventuellement. 

Cette dernière composante de la démocratie libérale n'est pas sans inconvénient: La presse libre et indépendante n'en est pas moins orientée politiquement. Elle risque donc d'orienter ses investigations dans le sens politique qui est le sien, et de ne mettre sur la place publique que ce qui coïncide avec ses objectifs. C'est ainsi, il faut juste le savoir...et souhaiter que des presses opposées politiquement les unes aux autres fassent des investigations dans des directions complémentaires.

 

DÉMOCRATIE ILLIBÉRALE

 Régime qui officiellement se dit démocratique mais soumet les libertés fondamentales au soi-disant intérêt de la Nation.
 
 
Par démocratie illibérale, il faut entendre les gouvernements élus démocratiquement, mais qui ignorent les limites constitutionnelles à leur pouvoir et qui risquent de finir par déposséder les citoyens de leurs droits et libertés. En d’autres termes, ce sont des dirigeants élus qui ne respectent pas les limites de l’État de droit.

En savoir plus sur https://www.laculturegenerale.com/fareed-zakaria-democratie-illiberale/ | La culture générale
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Par démocratie illibérale, il faut entendre les gouvernements élus démocratiquement, mais qui ignorent les limites constitutionnelles à leur pouvoir et qui risquent de finir par déposséder les citoyens de leurs droits et libertés. En d’autres termes, ce sont des dirigeants élus qui ne respectent pas les limites de l’État de droit.

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ÉLITE :

Larousse : Groupe minoritaire de personnes ayant, dans une société, une place éminente due à certaines qualités valorisées socialement : Élite intellectuelle.


Populisme : L’élite est désignée par les leaders populistes comme responsable des malheurs (réels ou fantasmés) du peuple. Elle est dans ce cadre constituée des élus de la république, des dirigeants des grands groupes commerciaux et industriels, censés agir de concert pour spolier le peuple à leur profit.

 

 GILET JAUNE

Pour moi un gilet jaune, c'est avant tout quelqu'un qui se sent oublié, laissé pour compte, qui réussit grâce aux réseaux sociaux, à trouver des gens qui pensent comme lui (elle) et qui souhaite faire entendre sa voix, en dehors des partis politiques auxquels il ne fait plus confiance. En se regroupant sur des rond-points, les gilets jaunes ont pu parler entre eux en réel, créant ainsi du lien social, en s’entretenant mutuellement dans leurs opinions. Ils ont exercé des actions plus ou moins violentes contre les bâtiments ou les équipements qui leur semblaient représenter l’autorité de l’état et les élites qu’ils estiment responsables de leur misère. Leur méfiance extrême de la démocratie représentative les a empêchés de désigner des représentants mandatés pour négocier avec l’état. 

MOBILITÉ INTERGÉNÉRATIONNELLE

La mobilité intergénérationnelle concerne le degré de différence entre le statut social des parents et celui de leurs enfants.

 Populisme : Plus elle est faible, plus elle constitue un terreau favorable au populisme. Durant les trente glorieuses, chaque génération pouvait espérer voire ses enfants s’élever socialement. La mondialisation de l’économie a entraîné un transfert des emplois industriels vers le tiers monde, et donc créé un chômage systémique dans l’ancien monde. Ce chômage frappe aussi bien les parents en cours de carrière que les enfants, même diplômés, lors de la recherche d’un premier emploi. Les leaders populistes s’appuient sur cette angoisse pour tenter d'accéder au pouvoir en promettant  de résoudre ces questions. Même si en regardant ces propositions de près, elles se révèlent irréalistes, elles ont toutes les chances d’attirer le vote populaire, simplement parce qu’elles répondent à une angoisse.

 PAUVRETÉ

 La pauvreté est "l’état, la condition d’une personne qui manque de ressources, de moyens matériels pour mener une vie décente" (Trésor de la langue française).

 La pauvreté, selon moi, c’est comme la température : il y a la réelle, mesurable, et la ressentie, subjective. Le vent augmente la sensation de froid, et l’envie augmente le sentiment de pauvreté. 

Populisme : La définition générale fait référence à une « vie décente ». Mais cette notion est tout à fait relative au lieu et à l ‘époque. Un africain vivant dans la brousse, à proximité d’un point d’eau, de fruits et de gibier, estimera qu’il a une vie décente. Un occidental ne pouvant pas se payer un smartphone, un téléviseur, ou une voiture dernier cri s’estimera pauvre. Le leader populiste affirme à ses ouailles qu’elles sont pauvres et que c’est la faute des riches. Parmi les suiveurs, se plaignant de leur pauvreté, beaucoup seraient considérés comme des riches dans d’autres pays, mais ils ne s’en rendent pas compte, et leur leaders se gardent bien de leur dire. 

PEUPLE 

 Wikipédia :Le mot peuple est une notion polysémique dont le sens varie selon le contexte. Il désigne à la fois :

 • un « ensemble des individus constituant une nation, vivant sur un même territoire et soumis aux mêmes lois, aux mêmes institutions politiques »1. Ici, le peuple est déterminé par la nation qu'il constitue, le territoire qu'il occupe et la soumission aux mêmes règles de droit. C'est la vision la plus restreinte du peuple.

 • un « ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d'origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d'institutions communes »1. Ici, le peuple est déterminé par un territoire et une culture propres, mais pas par la soumission aux lois.

 • un « ensemble de personnes qui, n'habitant pas un même territoire mais ayant une même origine ethnique ou une même religion, ont le sentiment d'appartenir à une même communauté »1. Ici, le peuple n'est défini que par une culture, voire une tradition commune. C'est la vision la plus étendue de la notion de peuple.²

 Populisme : Le mot peuple est employé par le leader sans jamais préciser parmi les sens ci-dessus celui qu’il donne au mot. Cela devient un concept flou, permettant de « ratisser large », puisque chacun donnant son sens au mot, chacun peut se sentir concerné quand le leader populiste emploie le mot.

Il faut remarquer que les populistes (de gauche comme de droite) prétendent redonner au peuple-un la parole qui lui a été confisquée par les élites, les politiciens nationaux et européens. Bien entendu, c'est le leader populiste, dans cette rhétorique, qui est censé devenir celui qui exprime la parole du peuple. 

bibliographie: Pierre ROSANVALLON  "Le siècle du populisme".

POPULISME

 Dictionnaire de l’académie française : « 2. politique. Souvent péjoratif. Attitude, comportement d’un homme ou d’un parti politique qui, contre les élites dirigeantes, se pose en défenseur du peuple et en porte-parole de ses aspirations, avançant des idées le plus souvent simplistes et démagogiques. » 

Le populisme consiste, pour un parti ou un mouvement, à se proclamer seul détenteur de la légitimité et à traiter ceux qui sont en désaccord, non comme des adversaires politiques, mais comme des ennemis du peuple. (La lettre politique : Le populisme contre le peuple Par Laurent Joffrin, Directeur de la publication de Libération — 24 janvier 2019) 

POPULISTE

 Il faut distinguer deux emplois différents de ce mot : Il y a le leader politique populiste. Et il y a les suiveurs de ce leader. 

POPULISTE (leader)

 Le leader populiste se caractérise par plusieurs éléments : Il repère dans l’opinion publique de son pays un sentiment de mécontentement commun à différentes strates de la population. Il n’assoit son discours politique sur aucun dogme économique particulier, car cette doctrine n’a pas été théorisée par des auteurs reconnus, comme c’est le cas pour le libéralisme, le capitalisme, le marxisme, etc. Il est un tribun, capable de galvaniser ses troupes dans des meeting. Il désigne des responsables des problèmes du peuple : principalement,  « les élites », terme vague qui permet de mettre dans le même sac les politiciens adverses, les grands patrons…. Mais aussi, et selon les particularités de chaque pays, d'autres responsables : les immigrés, l’Europe, la mondialisation de l’économie, le grand Satan américain... Il propose des solutions simples aux problèmes complexes de ce monde, de façon à rassembler derrière lui ceux qui sont angoissés par l’avenir. Il assure que les élites ont confisqué la démocratie à leur profit en en faisant une pompe à fric fonctionnant à leur profit exclusif. Ils assurent qu’eux, ils vont redonner la parole et le pouvoir au peuple en prétendant l'avoir compris et parler en son nom.

POPULISTE (suiveur)  

C’est un citoyen désenchanté par les promesses non tenues des gouvernements successifs des trente dernières années. Il ne croit plus en les partis traditionnels de gauche ni de droite, mais préfère sont qui n’ont jamais exercé le pouvoir et se présentent donc comme vierges. Comme le leader populiste lui affirme qu’il est victime de l’élite technocratique et politique de son pays, il est prêt à le croire, car cela le rassure qu’on désigne des responsables qu’il suffirait de « dégager » pour résoudre tous les problèmes. 

 

Réseau social

Hors du domaine des sciences sociales, l'expression « réseaux sociaux » renvoie aux entreprises de réseautage social sur internet et à leurs utilisateurs à travers le monde. Les applications désignées comme « service de réseautage social en ligne » servent à constituer un réseau social virtuel en reliant, non pas des personnes, mais des identités virtuelles. Leurs utilisateurs utilisent des liens hypertexte ou des bases de données dont ils n'ont parfois pas connaissance dans le but de faciliter la gestion des carrières professionnelles, la distribution et la visibilité artistique ou les rencontres privées. Certains réseaux sociaux sont devenus de véritables entreprises de communication qui peuvent atteindre un public très large. (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_social)


Populisme : Les réseaux sociaux constituent un vecteur essentiel du développement du populisme pour plusieurs raisons :

-Ils permettent une relation de un à tous au lieu de la relation de un à quelques-uns que permettent les médias classiques, types journaux papiers ou journaux télévisés et le célèbre café du commerce. Ils permettent aussi, en s’exprimant dans des groupes FACEBOOK, un micro ciblage des électeurs lors de campagnes électorales, en adaptant la communication à chacune de ces micro-cibles. Il semblerait bien que ce micro ciblage permette aux organisations (états, partis politiques, groupuscules divers) d'agir sur l'opinion en diffusant des fake news.

-Ils permettent une communication simpliste, et simplificatrice, qui fait appel à l’émotion plus qu’au raisonnement.

La résonance des arguments chocs employés par les populistes est amplifiée par des biais cognitifs (voir ce mot) :

- l’effet Dunning-Kruger (voir ce mot) ou effet d’excès de confiance  qui fait que les moins compétents dans un domaine sont persuadés d’être très compétents.

- le biais de confirmation, qui fait qu’on a tendance à ne rechercher et à ne prendre en compte que les informations qui confirment les croyances.


Lire plus : Populisme et reseaux sociaux, Le Figaro


 

vendredi 14 août 2020

Ethique, condition nécessaire de la démocratie

 

Qu'il soit, majoritaire, proportionnel, aléatoire,... le mode de choix des représentants du peuple ne garantit pas l'éthique des élus. Même un examen de philo (j'imagine la salle d'exam avec tous les candidats en train de plancher sur une question de philosophie éthique, avec MLP en train d'essayer de pomper sur JLM) ne garantirait pas de choisir les plus éthiques: on peut connaître les philosophies morales, et s'en affranchir à titre personnel.
 
Donc, le tri en fonction de la qualité de l'éthique des candidats ne peut se faire qu'à posteriori, à condition d'avoir une presse libre, une justice indépendante et un exécutif (dont dépendent la police, dont la DST) ferme sur les questions d'éthique. La justice en France peut (et doit?) se saisir d'une affaire soulevée par la presse. C'est une garantie. Elle peut (et doit?) ensuite charger les différentes polices d'enquêter sur telle ou telle affaire. La police doit faire diligence, honnêtement. Quand la justice, conclut après enquête, qu'un homme de pouvoir (élu, membre du gouvernement, haut fonctionnaire, voire petit fonctionnaire) a commis un délit en rapport avec ses fonctions, ce délinquant doit être écarté définitivement des fonctions publiques !!
Le fait qu'il s'agisse d'un ami personnel du président, de sa famille, d'un fils de député ne doit jamais conduire à une indulgence politique. L'éthique est une valeur supérieure à la fidélité en amitié en politique. ( vrai ou faux selon vous? Vous avez deux heures).
Pas de "il s'est fait prendre la main dans le pot confiture au ministère, donc je le recase à la présidence de l'assemblée, ou à celle d'un organisme public quelconque ou d'une commission Théodule grassement rémunérée..." Rien, Nada. Quasiment le bannissement des tribus primitives pour celui qui avait enfreint la règle du clan.
 
Quant à la peine infligée par la justice, elle doit être choisie en considérant l'exercice de fonctions publiques comme une circonstance hautement aggravante. De façon à ne jamais arriver à des peines de prison inférieures à deux ans, qui permettent un aménagement de peine, jugé (avec raison, ce me semble) trop doux aux yeux du peuple pour ces délinquants là.
L'éthique des dirigeants est donc une conséquence de l'intransigeance totale des différentes instances chargées de veiller au respect des lois.
Et le respect du peuple, pour ses dirigeants choisis suivra. La suspicion perpétuelle actuelle, l'idée du "tous pourris" si communément répandue, et entretenue par ceux qui se présentent comme des parangons de vertu (parfois démasqués par la presse) tant qu'ils n'ont pas eu le pouvoir, est la première chose à éliminer pour restaurer une démocratie viable. Le système électoral joue un rôle dans la démocratie, mais à mon sens, c'est à la marge. C'est l'idée que nos dirigeants sont vertueux en plus d'être compétents qui peut amener le peuple à mieux les suivre.

En outre, en ce qui concerne la vertu, je ne pense pas que les électeurs en soient mieux pourvus en général que les élus: les grosses fraudes des uns, exonèrent de toute culpabilité morale les petits fraudeurs, complètement décomplexés: "Quoi, vous dira-t-on, je devrais payer avec facture le maçon qui vient me faire un petit travail, alors que ça me coûte 20% moins cher au black? Et les députés, combien ils gagnent ces feignants? On ferait mieux de s'occuper de la fraude fiscale des riches?". Remarque pleine de ce "bon sens " dont on nous rebat les oreilles pour expliquer qu'il suffit de "bon sens" pour régler tous les problèmes.

L'éducation morale se fait par l'exemple, non?

Au passage, petit calcul: 30 millions de ménages en France, grosso modo. Mettons 200 euros par an en moyenne de "petits services entre amis" ( ménage, jardinage, maçonnerie, plomberie, peinture,entretien automobile,...)= 6 milliards par an qui échappent à la TVA parfois, à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales toujours. Cette fraude des ménages, estimée à la louche, est sans commune mesure avec l'estimation de la fraude fiscale totale en France (60 à 80 milliards selon les sources), mais la perte de recettes fiscales et sociales pour l'état n'est pas pour autant un chiffre négligeable.
 
En se plaçant sur un plan moral, je me demande d'ailleurs quelle part l'envie joue dans la promptitude des petits fraudeurs à vilipender les gros...mais bon, bien qu'on parle d'éthique, laissons là cet aspect de la question pour ne pas être hors sujet.
 
Pour revenir à nos hommes politiques, selon moi: 
ils doivent être condamnés par la justice plus sévèrement que les citoyens lambda, en cas de fraude fiscale, détournement de fonds, corruption passive ou active, ou tous autres délits que leurs fonctions les a mis en position de commettre.
Et ils doivent être écartés de toute fonction publique définitivement. Pas de droit à l'erreur, pas de rédemption possible. Ils iront voir dans le privé si leurs talents malhonnêtes trouvent à s'employer. Ils savent très bien semble-t-il donner devenir conférenciers ou conseils de chefs d'états dans des républiques bananières.
 
Un délit est en général bien caractérisé par le code pénal, je ne pense pas qu'on risque d'être trop sévère et s'il faut revoir un peu l'article 121.3 du code pénal, que le législateur le revoie dans l'optique de justice et de sévérité que je décris ci-dessus.

samedi 1 août 2020

Définitions: LA DEMOCRATIE.


Définitions: LA DEMOCRATIE. 
 
Mot valise ou mot caoutchouc, auquel chacun donne le sens qu'il veut. C'est un peu normal, puisque le mot démocratie désigne un processus en perpétuelle évolution, compatible avec diverses modalités pratiques: suffrage universel ou censitaire, direct ou indirect, scrutin majoritaire ou à la proportionnelle, référendum...

Les athéniens pratiquaient une démocratie ("demos" = peuple au sens de tous les citoyens de la cité et "kratein"=commander) directe. Les citoyens se réunissaient sur l'AGORA, discutaient et votaient les lois. Mais ils ne reconnaissaient pas la qualité de citoyens aux esclaves sur lesquels reposait le fonctionnement matériel de leur cité. Bien commode pour avoir le temps de réfléchir et palabrer, et  aussi possible du fait du nombre limité de participants. La démocratie directe semble donc impossible à entretenir lorsque la population ayant le droit d'y participer devient trop nombreuse. C'est pourquoi, on a inventé la démocratie représentative, dans laquelle les citoyens ne votent plus les lois, mais élisent des représentants qui votent les lois. C'est notre système actuel. Internet a permis l'émergence d'un nouveau concept, la cyberdémocratie, permettant la consultation et/ou le vote de citoyens très nombreux, et très dispersés géographiquement. Très tentante à priori, cette notion bute assez vite sur un obstacle dans une civilisation complexe comme celle du 21 eme siècle: si tous les citoyens doivent voter chaque loi, ils devront s'informer sur les conséquences de cette loi. Ils le feraient via les textes officiels(exposé des motifs contenus dans la loi elle-même), mais aussi via la presse, et s'ils sont consciencieux, via des livres de fond ayant traité du sujet. On voit immédiatement les difficultés et les dangers: la presse n'est pas forcément objective et donnera des informations tronquées ou carrément partisanes. Les partis politiques feront de même. Une question posée au peuple par référendum n'est pas non plus une garantie de décision éclairée guidée par la raison. Exemple type récent: le BREXIT. On a demandé au peuple s'il voulait rester dans l'union européenne ou la quitter. Mais derrière cette question simple (simpliste?) se cachaient toute une kyrielle de questions complexes qu'il appartenait à chacun de se poser. Et il semblerait bien que la décision populaire ait été sacrément orientée par des journaux et des hommes politiques ayant menti ou simplement éludé des conséquences problématiques. Nous avons eu l'impression qu'au résultat du vote, la grande Bretagne se réveillait avec la gueule de bois en disant "mais qu'avons nous fait?". 
Le mot démocratie est souvent accolé à un autre, pour tenter de préciser: La "démocratie populaire" est un terme issu du lexique communiste un peu tombé en désuétude après l'effondrement de l'URSS. Il est opposé au terme "démocratie libérale" qui désigne le régime en vigueur dans les pays capitalistes. Selon certains auteurs, la démocratie libérale se caractérise par deux choses: 1. le peuple vote pour élire des représentants. 2. Des instances judiciaires supérieures surveillent les représentants élus en vérifiant la conformité des lois proposées ou votées à la constitution. En France, chaque citoyen peut saisir le tribunal administratif (qui sert de filtre aux demandes farfelues) en vue de demander au conseil constitutionnel son avis sur la conformité de telle ou telle loi, ou décret. Nous sommes donc dans un régime politique de démocratie représentative libérale. Et c'est à ça que je pense quand j'emploie par raccourci commode le mot de "démocratie".
 

mercredi 22 juillet 2020

Notes de lecture: Yasha MOUNK LE PEUPLE CONTRE LA DEMOCRATIE

Yasha MOUNK LE PEUPLE CONTRE LA DEMOCRATIE
 Notes de lecture sur l'introduction
 
 Introduction Le populisme d’extrême droite croît dans toutes les démocraties. Les leaders de ces mouvements prétendent tous que les solutions à apporter aux problèmes sont beaucoup plus simples que ce que les personnalités politiques bien établies voudraient nous faire croire. Selon eux, la grande masse des gens ordinaires savent d’instinct ce qu’il conviendrait de faire et si la pure voix du peuple prévalait, les raisons du mécontentement populaire disparaîtraient.
Si les problèmes politiques de notre temps sont si faciles à régler, il faut que quelqu’un soit à blâmer. Les populistes ne se privent pas de blâmer : Leur première cible se situe en général à l’extérieur des frontières. Trump impute les problèmes économiques des états unis à la Chine. Il attise les peurs de ses concitoyens en soutenant que l’Amérique serait envahie de violeurs (mexicains) et de terroristes (musulmans). Le Pen et Farage considèrent que ce doit être la faute des étrangers (pique-assiettes arabes et plombiers polonais). Comme Trump, ils reprochent aux élites politiques (les bureaucrates de Bruxelles et les médias à leurs ordres) leur échec à remplir les promesses qu’elles avaient formulées.

On considère que notre régime politique est la démocratie libérale. démocratie parce que le peuple (démos) décide, et libérale, parce que les institutions protègent les minorités (ethniques, religieuses,...) contre l’éventuelle tyrannie de la majorité.
Une démocratie n’est pas seulement un état dans lequel les citoyens sont appelés régulièrement aux urnes. Elle n’est réelle que si des institutions judiciaires (cour suprême aux états unis, conseil d’état et conseil constitutionnel en France) permettent des recours contre les éventuels abus de la majorité via ses lois, ou ses administrations.
 
LES CIRCONSTANCES ET LEUR EXPLOITATION PAR LES POPULISTES VIA DIVERSES ARMES
 
Yasha MOUNK étudie principalement le populisme américain, via l’exemple TRUMP. Mais il le rapproche également d’exemples européens.
Il dégage de grandes constantes:
 
Le simplisme, qui consiste à proposer au peuple des solutions simples aux grands problèmes complexes de ce monde. En effet, le monde est devenu extrêmement complexe aux plans économiques, écologiques, démographiques, migratoires, technologiques… L’effet papillon ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_papillon) est possible dans tous ces domaines et il est difficile d’apprécier dans un environnement complexe toutes les conséquences d’un acte isolé. ‘exemple :en voulant protéger son industrie automobile, la France taxe fortement les importations de Corée. Effet induit non souhaité : les Coréens envisageaient d’acheter un TGV, ils ne consultent pas la France et se tournent vers l’Allemagne ou la Chine. Notre industrie du TGV est en difficulté et perd des emplois peut-être en nombre supérieur à ceux sauvés dans l’industrie automobile en ralentissant l’importation de voitures coréennes.
Tant que la croissance économique était là, ces problèmes existaient peu, ou n’étaient pas perçus. On a longtemps cru que l’on pouvait se servir impunément à volonté sur la planète, même si depuis longtemps des écologistes de la première heure tiraient les sonnettes d’alarme. On a longtemps considéré que la croissance indéfinie était possible, et cette croissance permettait à chaque génération de vivre mieux que la précédente.
Mais depuis la fin des trente glorieuses (Trente_Glorieuses wikipedia), la croissance est devenue stagnation dans les pays riches, et n’a plus pallié les évolutions du monde. Les emplois industriels se sont déplacés vers des pays à coût de main d’œuvre inférieur, et le vieux monde (Europe, États Unis) s’est rabattu sur le tertiaire, plus adapté au niveau d’éducation de sa population.
L’effet positif du déplacement des emplois industriels vers ce qui était le tiers monde a été la forte diminution de la faim dans le monde.
 
 
 
L’effet négatif a été que la croissance s’étant déplacée du premier monde vers les pays dits émergents rendus libres par la décolonisation, un chômage endémique s’est installé en France, et plus ou moins partout dans le vieux monde (on dit aussi”premier monde”).
 
Ce chômage est générateur de pauvreté, malgré les palliatifs plus ou moins puissants mis en place.
Et la recherche d’équilibres budgétaires conduits les gouvernants à revoir progressivement à la baisse ces parachutes sociaux. Notons au passage qu’il en est de la pauvreté comme des températures : il y a la pauvreté réelle, et la pauvreté ressentie. La pauvreté ressentie est celle qui consiste à s’estimer pauvre alors qu’on dispose de plusieurs voitures et de multiples smartphones par foyer, qu’on part en vacances une ou plusieurs fois par an, éventuellement à l’autre bout du monde. Cette impression de pauvreté est la conséquence de comparaison avec plus riche que soi. Comme le disait Schopenhauer, « l’homme oscille entre la frustration de désirs inassouvis et l’ennui ressenti lorsque le désir est assouvi ».
Le chômage, et l’intuition qu’il est impossible à résorber malgré les promesses des gouvernements successifs sont générateurs d’angoisse : ceux qui ont un emploi craignent de le perdre un jour au gré d’un dépôt de bilan ou d’une restructuration, et ceux qui en cherchent n’ont pas le sentiment qu’il « suffit de traverser la rue » pour en trouver un, entre autres motifs à cause d’une inadaptation de l’offre à la demande.
Cette angoisse ne demande qu’à se transformer en ressentiment à l’égard des gouvernants, et des “riches”. (riches entre guillemets, parce que cette notion de “riche” est tout sauf objective. L’envie joue son rôle dans la perception de la richesse des autres...)
 
Et c’est là qu’interviennent les populistes :
Ils commencent en général leur travail de sape de la démocratie libérale par la déclaration suivante : « Vos élus et les élites en général ont confisqué la parole du peuple. Ils n’appliquent pas la volonté du peuple. Et moi, je vous rendrai la parole parce que je ne fais pas partie de cette clique. Je suis le peuple ». Peu importe finalement que celui qui affirme ça soit un milliardaire (je pense à Trump) : il met en avant sa réussite personnelle pour démontrer qu’il est un “WINNER” et que son intelligence remarquable doit être mise au service du pays. (les guillemets à intelligence remarquable sont sous entendus...).
Ensuite, ils désignent des responsables : des étrangers qui « viennent manger le pain des nationaux », des « politiciens corrompus au service de groupes ethniques étrangers ou de multinationales », « une Europe coûtant très cher aux citoyens sans leur rendre service », « une élite bureaucratique plus soucieuse de prolonger sa rente de situation que du bien être du peuple », etc.…
Et ils indiquent dans leurs programmes électoraux des solutions simples : fermer les frontières aux migrations et ou aux produits étrangers (le mur sur la frontière mexicaine pour Trump, le BREXIT pour Nigel FARAGE, cet animateur radio devenu homme politique, Bepe GRILLO en Italie, cet humoriste créé un blog et assoie petit à petit sa popularité sur une défense des consommateurs,…).
Alexis de Tocqueville a formulé ainsi ce danger du simplisme : « une idée fausse mais simple, ira toujours plus loin qu’une idée vraie mais complexe ».
Tous utilisent le mensonge comme arme, appliquant le principe attribué à Francis BACON : « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. » Trump avait accusé OBAMA d’avoir utilisé un certificat de naissance falsifié et de n’être donc pas américain, donc éligible, Bepe GRILLO a présenté sur son blog une prétendue lettre reçue de Benoit XVI, FARAGE a avoué après le référendum sur le BREXIT avoir menti aux électeurs sur le coût net réel de l’Europe pour la Grande Bretagne, l’entourage de François Fillon, a été supposé responsable du lancement de la rumeur de l’homosexualité d’Emmanuel MACRON, visant assez maladroitement à le discréditer (https://www.linternaute.com/actualite/politique/1343638-emmanuel-macron-homosexuel-le-lobby-gay-la-rumeur-decryptee/).
 
Le problème désormais, avec les réseaux sociaux qui servent de caisse de résonance, c’est qu’un mensonge sensationnel aussitôt lancé se propage à grande vitesse. Les populistes sont conscients de cela, et ils usent et abusent de ce média. Trump est capable de dire une chose à une conférence de presse après une entrevue avec un chef d’état, et de dire ensuite le contraire sur son compte Twitter. Il utilise Twitter pour propager ses idées, et une certaine télévision à ses ordres, mais quand des TWITT ou des médias le contredisent, il se plaint du complot ourdi contre lui par ses détracteurs.

J'invite les lecteurs du présent article à lire la suite dans le texte le livre de Yasha MOUNK car je ne suis pas doué dans l'art du résumé 😕